« Macron nous a passé la brosse à reluire, puis nous a oubliés » : le maire de Peille se livre
Oui, cela vient en continuité de l’installation de la Brasserie des Ligures. Cette venue résonne avec la vallée des Paillons où on a inauguré il y a quelques jours, à Peillon, l’extension des biscuits de Lorenzia. Il y a un battement d’ailes de papillon.
Comment éviter d’être une cité-dortoir ?
On a une chance : c’est la force de nos associations. Nous avons l’association sportive et culturelle qui propose beaucoup d’activités pour les enfants. Nous avons aussi deux comités des fêtes et des traditions : un à La Grave, l’autre à Peille. Nous avons même des enfants qui arrivent sur le village. Notre proximité avec Monaco explique cette dynamique.
Comment envisagez-vous le tourisme, qui est aussi une ressource ?
Un tourisme durable bien sûr. Il faut miser sur les touristes randonneurs ou cyclistes, des gens qui veulent venir au vert, dans un endroit tranquille, pour se reposer. Il ne faut pas aller vers un tourisme de masse. Je ne souhaite pas que demain, nous soyons une attraction touristique.
Les manifestations sportives sont aussi un attrait ?
Le col de la Madone est un des cols les plus franchis par les cyclistes. On essaye de porter aussi la dynamique du VTT, nous avons eu des grands champions comme Nicolas Vouilloz, Fabien Barel… Mais il ne faut pas aussi que cela devienne trop impactant pour les habitants.
En 2025, vous aviez d’ailleurs eu un coup de gueule lors du passage de l’UTMB (1) niçois (blocage de la circulation, stationnement anarchique…), comment ça s’est passé en 2026 ?
C’est le passage d’une manifestation sportive de grande masse qui ne respecte pas les territoires. Cette année, j’ai interdit qu’ils entrent dans le village, ils ont contourné malgré toutes les pressions que j’ai pu avoir. L’UTMB ne rapporte rien.
Photo : S. R. /Nice-Matin
Depuis 2017, la via ferrata est fermée suite à un accident ?
Je n’y suis pas opposé. Mais, il y a des rochers énormes qui tombent donc c’est pour la sécurité des personnes. Si demain, quoi qu’il se passe, l’utilisateur est responsable, ça ne me poserait aucun problème.
Comme d’autres communes, Peille est toujours en vigilance renforcée sécheresse ?
Je sais qu’on aura la capacité de gérer la ressource en eau. Nous avons créé pour cela la Société publique locale eaux de Peille. On gère l’eau depuis le 1er janvier.
Comment exister à côté de la Métropole Nice Côte d’Azur, une fusion est-elle envisageable ?
Éric Ciotti vient d’entamer un mandat, l’idée est que nous ayons des rapports normaux. Nous ne sommes pas contre la Métropole, nous voulons rester notre territoire des Paillons, nous n’avons pas d’idée de fusion et je pense que notre population est attachée à ce territoire à taille humaine avec son caractère plus ou moins rural. Nous respectons nos voisins et nous souhaitons que nos voisins nous respectent. Notre territoire fonctionne avec nos petits moyens.
Avez-vous des espoirs ou des craintes avec l’arrivée de la ligne 5 du tramway métropolitain à Drap ?
C’est un outil qui permettra à nos populations d’aller plus facilement dans le cœur de Nice et d’améliorer les conditions de déplacements dans les Paillons. Cela va diminuer la circulation routière, mais attention à la sortie du pont de l’autoroute et ce que l’on appelle le nœud Garigliano.
Vous étiez sur la liste de Dominique Estrosi-Sassone aux dernières élections sénatoriales, avez-vous une étiquette politique ?
Je suis divers droite, ma position c’est centre droit. La liste de Dominique Estrosi-Sassone était investie par LR et l’UDI, et il y avait deux listes LR. Je suis attaché à avoir une droite républicaine, une droite qui peut être aussi sociale.
Quel bilan faites-vous de la présidence Macron ?
Les conséquences des mandatures Macron ne sont pas convaincantes. La suppression de la taxe d’habitation nous a compliqué les choses car les communes n’ont plus aujourd’hui qu’une variable pour équilibrer leur budget, c’est la taxe foncière. Nous ne sommes plus que sur des dotations fragiles. C’est dommage que le président Macron n’ait jamais exercé un mandat d’élu local. Avoir des retours de problématiques du territoire par des fonctionnaires, ce n’est pas la même chose que de les ressentir au quotidien et de les gérer.
Pour l’élection présidentielle de 2027, vous avez une préférence ?
Aucune, c’est très dur pour moi. Je sais que je n’irai pas aux extrêmes, des deux côtés.
Et si le second tour est Le Pen-Mélenchon ?
Je réfléchirai longtemps.
Coup de gueule
« Il est temps que la mandature Macron s’arrête. Et j’espère qu’on ne le reverra plus. La zéro artificialisation nette des sols et la loi SRU doivent être revues. Pendant la Covid, Macron nous a passé la brosse à reluire et après il nous a oubliés. »
Coup de cœur
« Pour toutes les associations et tous les bénévoles. Ils font vivre le territoire. On a une belle jeunesse, nous avons de la relève. Nous avons des jeunes entre 20 et 30 ans qui sont toujours prêts à donner un coup de main. »
Les priorités
Le stationnement. Finir le parking Mary-Garden pour la fin de l’année. Il a du retard car les entreprises ont fait faillite. Ce sont 96 places avec des bornes de rechargement électrique. Il y aura aussi une petite salle d’animation rurale.
Le sport. Faire le dojo Daniel-Cravea à la Grave de Peille en transformant le centre administratif. Ce sera pour janvier 2028. Nous avions conventionné avec la Fédération française de judo qui devait financer 80 % et s’occuper des travaux. Finalement, elle nous a laissés en cours de route et la commune doit tout financer (nous irons chercher des aides).
Les animations. Réhabiliter la salle des fêtes de la Grave de Peille pour que nos aînés passent de belles après-midi. Ce sera pour janvier 2029.
1-Ultra Trail du Mont Blanc