Mains liées, survie en pleine jungle : le récit de la folle cavale du soldat de la Légion étrangère française en Colombie

Mains liées, survie en pleine jungle : le récit de la folle cavale du soldat de la Légion étrangère française en Colombie
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José Olger Melo Charry (à gauche) a été enlevé le 6 août dernier par un groupe dissidents des ex-FARC.

© HANDOUT / N/C

Chloé Semat 09/09/2026 à 19:51, Mis à jour le 09/09/2026 à 19:51

Après avoir été kidnappé le 6 août par un groupe dissident des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), un soldat colombien de la Légion étrangère française a réussi à s'évader. S'en est suivi un long périple dans la jungle pour se mettre à l'abris et contacter ses proches.

Son calvaire a commencé le 6 août dernier, date à laquelle José Olger Melo Charry s’est fait enlever par un groupe dissident des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Ce soldat colombien de la Légion étrangère française, âgé de 35 ans, était de passage dans son pays natal pour quelques jours, afin de retrouver sa famille. Selon le média colombien Cambio, qui a eu accès au récit livré par le militaire aux enquêteurs, ce dernier est tombé nez à nez avec des hommes armés, formant un barrage clandestin, alors qu’il circulait sur une route du Nariño, une région du sud-ouest du pays où opèrent des organisations liées au narcotrafic et à l’exploitation minière illégale.

Lorsque les individus se sont rendu compte que leur interlocuteur était militaire et servait dans la Légion étrangère française, la situation a basculé. Membres du Frente Franco Benavides, le groupe d’hommes a embarqué de force José Olger Melo Charry. Pendant près d’un mois, les autorités n’ont aucune idée de l’endroit où le militaire est tenu en otage. Le 30 août, ses ravisseurs ont fini par partager une vidéo du soldat, sain et sauf, assurant avoir fait de lui « un prisonnier de guerre ». En revanche, ils n'ont jamais demandé pas de rançon.

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Une évasion rocambolesque

Il a par la suite été transféré dans un camp contrôlé par le Frente Franco Benavides, où il a été retenu attaché aux mains, aux pieds, mais également au cou. Le jour de son évasion, le 3 septembre, José Olger Melo Charry a demandé à être conduit à l’écart pour faire ses besoins, selon une source de l’AFP au sein de l’armée colombienne. Une fois seul avec son gardien, il l'a maîtrisé et lui a pris son fusil, bien qu’il eût les mains entravées. Réussissant à prendre la fuite, le trentenaire - toujours les poings liés - a sauté dans une rivière avant de s’enfoncer dans la région montagneuse des Andes colombiennes pendant près de quatre jours.

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Au terme de son périple, José Olger Melo Charry est tombé sur une ferme, dans laquelle il a assuré avoir pris un repas, craignant cependant d’être dénoncé aux guérilleros. De là, il a appelé sa famille, qui a aussitôt prévenu le Gaula - l’unité spécialisée dans la lutte contre le kidnapping et l’extorsion - qu’il s’était évadé et marchait dans les montagnes. Après avoir repris sa route, le militaire a trouvé refuge, le 5 septembre, à la station de police d’El Ejido, dans la municipalité de Policarpa.

C’est le lendemain que son calvaire a enfin pris fin. Le soldat est héliporté dans un hôpital de la région, où il retrouve sa famille. Constatant son état de choc, les médecins ont mis en place un accompagnement psychologique. Une fois remis sur pied, José Olger Melo Charry va être transféré à Bogota puis en France, où il devra répondre de sa situation administrative devant les autorités militaires compétentes. Car, selon le ministère français des Armées, qui a été sollicité par l’AFP, le soldat n’avait pas été autorisé à se rendre en Colombie.

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