France voisine: «Malgré la répression, on peut être fier de ce mouvement social»
Publié17. octobre 2026, 19:43
France voisine«Malgré la répression, on peut être fier de ce mouvement social»
Bien loin des révoltes métropolitaines, la campagne française a aussi son mot à dire. À Saint-Genis-Pouilly et Gex, la convergence des luttes unit plus que jamais.

En ce samedi 17 octobre, jour de mobilisation nationale chez nos voisins tricolores, ils étaient une centaine à avoir répondu présent sur la place Jean Monnet à Saint-Genis-Pouilly. Dès 10h, les manifestants ont défilé dans une ambiance bon enfant avant de revenir sur la place pour une prise de parole des quatre syndicats organisateurs.
Les syndicats Solidaires, CGT, Force Ouvrière et UNSA-Ferroviaire se sont regroupés, à l'image de cette convergence des luttes dont on parle dans tout l'hexagone. Car si le mouvement lycéen a particulièrement occupé la chronique ces dernières semaines, on insiste sur l'importance d'être «solidaire avec tous ceux qui souffrent», confie Alexandre Pradat de Solidaires. «Aujourd'hui, il y a des professeurs, des employés ferroviaires, des étudiants. On organise ces manifestations pour que chacun ait un espace pour s’exprimer», explique Christian Jolie, de l'UNSA-Ferroviaire.
«Il faut que tout le monde se mobilise»
«Chacun a son métier, sa famille, ses difficultés. Nous sommes à la veille d’une prise de pouvoir de l’extrême droite: il y a un péril, une urgence. Il faut que tout le monde se mobilise», harangue l'un des manifestants sous les applaudissements de ses semblables. L'un des éléments qui semblent faire converger toutes ces luttes, c'est la baisse du pouvoir d'achat.
«Le renchérissement de la vie touche tout le monde. Une dame s’est d'ailleurs exprimée et expliquait que même si elle travaillait en Suisse, cela ne lui suffisait plus», souligne Christian Jolie. Les discours des syndicats ont ensuite laissé place à quelques slogans scandés par la centaine de personnes présentes, avant que la foule ne se disperse petit à petit.
«Le gouvernent Macron est en train d’entacher la France»
Quelques heures plus tard à Gex, on peut reconnaître quelques visages présents à Saint-Genis-Pouilly le matin même. Le clocher sonne 14 heures quant les premiers manifestants débarquent sur la place Gambetta, surveillée par deux gendarmes, relativement sereins. Quelques minutes plus tard, les premiers «Macron démission» viennent troubler la tranquillité d'une commune en quête de calme, après son marché hebdomadaire.
De nouvelles prises de parole ciblent cette fois-ci plus précisément la répression face aux révoltes lycéennes des dernier jours. «Le gouvernement Macron est en train d'entacher la France», s'énerve un élu local, en citant les images de violences qui pullulent sur les réseaux sociaux. Un membre de la CGT surenchérit en qualifiant de «scandaleux» les arrêts préfectoraux qui voulaient empêcher les jeunes de manifester. «Je pense que malgré cette répression injuste, on peut être fier de ce mouvement social aujourd'hui», conclut-il
Loïc et ses souvenirs de 2018
À Saint-Genis-Pouilly, Loïc arbore fièrement son gilet jaune utilisé pendant les révoltes en 2018. «Il sent encore la lacrymo», dit-il en riant. Le Français, qui faisait déjà partie des manifestants à l'époque, s'avoue un peu surpris de l'ambiance bon enfant sur la place Jean Monnet.
«En 2018, on avait fait fermer le centre commercial en bloquant les entrées, on avait pris le rond-point. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus encadré, il y a même des enfants», explique-t-il. Lorsqu'on le retrouve à Gex, dans l'après-midi, Loïc écoute attentivement les revendications d'une maman qui critique le manque de moyens mis dans l'éducation. «Vu comment le niveau de l'enseignement diminue aujourd'hui, on peut dire que je suis Bac+5?», dit-il en douce. Une dose de bonne humeur, à l'image de cette journée de manifestations en France voisine.

Arsène Passamani (apa), est journaliste stagiaire au sein de la rubrique Régions de 20 Minutes depuis septembre 2026.