En direct Manifestations lycéennes. Des affrontements avec la police à Mâcon

En direct Manifestations lycéennes. Des affrontements avec la police à Mâcon

Dès 7 h 30, dès militants de la CGT viennent à la rencontre des lycéens. « L’idée c’est de cadrer au mieux. Il faut que ça s’apaise. Les lycéens ont le droit d’avoir des revendications, qui ne nous paraissent pas si illogique que ça. On va essayer d’organiser une assemblée générale à la maison des syndicats », explique Géraldine Thavot, de l’Union départementale CGT.

Charlène Antoniat, secrétaire générale CGT hôpital William-Morey, dénonce l'attitude des forces de l'ordre de l'ordre jeudi

Charlène Antoinat, secrétaie générale CGT Hôpital Wiliam6Morey a dénoncé, dans un communiqué rendu public ce matin, la gestion de la manifestation des lycéens par les forces de l'ordre ce jeudi.

« Ce matin, en tant que secrétaire générale de la CGT du Centre hospitalier William Morey, nous étions présentes aux côtés de la CGT Éducation pour apporter notre soutien au mouvement des jeunes à Chalon-sur-Saône.

Ce que j’ai vécu et observé m’a profondément choquée.

Je peux parfaitement entendre que les forces de l’ordre ont une responsabilité importante : assurer la sécurité de tous, prévenir les débordements et intervenir lorsque cela est nécessaire. Mais la sécurité ne peut pas justifier tous les moyens, et encore moins lorsqu’il s’agit de jeunes, dont beaucoup sont mineurs.

Oui, quelques jeunes ont eu des comportements qui ont pu dépasser les limites. Oui, les forces de l’ordre doivent pouvoir intervenir lorsqu’une situation devient réellement dangereuse. Mais entre intervenir pour faire respecter la sécurité et faire usage de la force de manière indiscriminée, il y a une différence fondamentale.

Ce qui m’a particulièrement interpellée, c’est l’attitude du commissaire en charge des opérations. J’ai essayé d’échanger avec lui, de comprendre sa façon de gérer la situation et surtout d’appeler au calme. Je me suis heurtée à une attitude que j’ai trouvée agressive et particulièrement inappropriée.

À aucun moment, je n’ai eu le sentiment que la priorité était réellement de dialoguer avec les jeunes, de désamorcer les tensions ou de distinguer ceux qui posaient problème de ceux qui étaient simplement présents. La priorité semblait être de disperser, de charger et d’empêcher les attroupements.

Mais peut-on réellement répondre à une jeunesse qui se mobilise par la peur, la force et la violence ?

Quand une situation peut encore être apaisée par le dialogue, pourquoi choisir immédiatement la confrontation ?

Et surtout, comment peut-on accepter que des mineurs, dont la majorité n’a rien fait de répréhensible, se retrouvent confrontés à des interventions musclées simplement parce qu’ils sont présents dans un rassemblement ?

Je ne remets pas en cause la nécessité du maintien de l’ordre. Je remets en question la manière dont il est exercé.

Nous sommes dans une époque où le dialogue, l’écoute et l’apaisement devraient être des priorités, particulièrement lorsqu’on intervient auprès de jeunes. L’autorité ne devrait pas être synonyme de brutalité.

En tant que professionnelle de santé et secrétaire générale de la CGT du Centre hospitalier William Morey, je suis profondément attachée à la protection des personnes, au respect de chacun et à la dignité humaine. C’est justement pour cela que ce que j’ai vu ce matin m’interpelle et me révolte.

On peut défendre l’ordre sans renoncer au respect.
On peut faire respecter les règles sans humilier.
On peut intervenir sans systématiquement recourir à la violence.
Et surtout, on doit être capable de dialoguer avec notre jeunesse.

Ce matin, je suis venue apporter mon soutien à des jeunes qui se mobilisent. Je repars surtout avec une question : quelle place voulons-nous encore donner au dialogue dans notre société ? »