Menacé par les réformes insitutionnelles, Centropôle pourrait rebondir grâce à la mission du roi Philippe
Centropôle, l'ASBL qui fédère les douze communes de la région du Centre, devra-t-elle son salut au roi Philippe ? Fondée à la fin des années 90 à l'initiative de Willy Taminiaux, la structure devait donner corps à un territoire tiraillé entre Mons et Charleroi. Un ovni supracommunal, certes, mais pas un figurant.
C'est notamment par son intermédiaire — lorsqu'elle s'appelait encore Communauté urbaine du Centre — que la région a arraché sa circonscription électorale après des décennies de combat. Centropôle abrite aussi un Conseil économique et social réunissant patrons et syndicats, et rassemble bourgmestres et présidents pour affronter les défis communs.
Mais l'ASBL dépend des subsides régionaux. Alors que la Wallonie traque les économies et que le ministre Desquesnes planche sur une refonte institutionnelle, son avenir s'assombrissait. "Deux équivalents temps plein pour organiser un événement de temps en temps, c'est cher payer", lâchait un mandataire peu convaincu.
Des projets concrets, des perspectives de financement et le retour du Roi : "Comptez sur moi pour soutenir La Louvière"Les grands combats semblaient loin. La mission du roi Philippe pourrait pourtant sortir Centropôle de sa torpeur. Le redéploiement économique du Centre s'articule désormais autour de sept projets industriels et a franchi une étape importante mardi avec la signature d'un protocole d'accord entre la Wallonie et la Banque européenne d'investissement. Dans la foulée, Damien De Dorlodot, chargé du suivi de la mission royale, a fixé un autre cap : une gouvernance capable de transformer les promesses en décisions. Un Comité exécutif pilotera la stratégie et rendra des comptes à un Conseil consultatif.
"Le Conseil consultatif aura pour mandat d'émettre des avis et des recommandations sur les questions stratégiques", précise la note du gouvernement wallon. "Ce Conseil sera chargé de fournir une expertise indépendante et de conseiller le Comité exécutif sur la vision territoriale, afin de soutenir la prise de décision en apportant des perspectives et recommandations spécifiques."
Pas de cabinet de consultance aux factures vertigineuses : si les partenaires cherchent des financements pour concrétiser les sept projets, le suivi de la mission fonctionne sans budget. Or, Centropôle a le profil idéal pour devenir ce Conseil consultatif.
"Quand j'ai découvert cette mission royale, j'ai compris qu'il ne fallait pas manquer ce moment historique", explique Aurore Tourneur, présidente de l'ASBL. Représentant les douze communes, Centropôle a rejoint le comité exécutif et se voit prêt à servir de "bras armé" au dispositif. "Nous mettrons nos locaux et nos collaborateurs à disposition pour organiser les rencontres. Notre Conseil économique et social réunit déjà patrons et partenaires sociaux : inutile de réinventer la roue."
Une mission taillée sur mesure, donc, et un sursis pour l'ovni supracommunal. "En pleine réflexion sur ces structures, des questions se posaient sur l'avenir et la pertinence de Centropôle. Des décisions devront être prises. Mais, dans l'immédiat, nous aurons un rôle à tenir dans cette mission royale", conclut Aurore Tourneur.
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