Meta dévoile Muse, son premier agent IA personnel - Le Monde Informatique
Accessible via WhatsApp et une application dédiée, l'outil peut interagir avec des services tiers pour envoyer des e-mails, effectuer des réservations ou réaliser des achats, sous le contrôle de l'utilisateur.
Meta a annoncé le lancement de Muse, un agent IA capable d'exécuter des tâches au sein d'applications tierces pour le compte de l'utilisateur. Disponible dans un premier temps aux États-Unis via une application dédiée et WhatsApp, le service marque l'entrée du groupe dans le segment émergent des agents IA autonomes.
Contrairement aux assistants conversationnels traditionnels, Muse peut agir directement dans différents services numériques connectés. L'outil est notamment en mesure de rédiger et envoyer des e-mails, réserver des voyages, remplir des formulaires ou effectuer certaines opérations d'achat après autorisation de l'utilisateur. L'entreprise indique que l'agent peut accéder à des applications liées à la messagerie, aux calendriers, aux paiements, au commerce en ligne ou encore à la domotique.
Une architecture centrée sur la sécurité
L'accès à ces différents services soulève toutefois des questions particulières en matière de sécurité et de confidentialité. Un agent capable d'agir au nom d'un utilisateur dispose, par définition, de davantage de droits qu'un simple assistant conversationnel. Meta affirme donc avoir conçu Muse selon une approche « secure by design ». L'agent fonctionne dans un environnement virtuel isolé, qui contient les données et les applications auxquelles l'utilisateur a donné accès. Cette architecture vise notamment à limiter les conséquences d'une éventuelle compromission de l'agent. Cette isolation ne doit toutefois pas être interprétée comme une garantie technique absolue à ce stade. Interrogé par WIRED, David Singleton, vice-président de l'ingénierie chez Meta Superintelligence Labs, a expliqué que la politique de Meta interdit à l'entreprise d'accéder aux machines virtuelles sécurisées des utilisateurs, tout en reconnaissant que cet accès reste techniquement possible.
Meta a également développé un système de supervision baptisé Sentinel. Celui-ci surveille les actions effectuées par Muse et peut demander une validation explicite avant certaines opérations sensibles, notamment l'envoi d'informations ou la réalisation d'une transaction. L'entreprise indique par ailleurs avoir intégré des protections contre les attaques par injection de prompts, qui constituent un risque particulier pour les agents capables de consulter des contenus externes et d'agir dans des applications. Les utilisateurs conservent la possibilité de sélectionner les applications auxquelles Muse peut accéder et de révoquer ces autorisations. Meta prévoit également une version chiffrée du service afin de renforcer la protection des données.
Des défis persistants
Malgré ces mécanismes de protection, Muse reste confronté à des enjeux de fiabilité et de sécurité. Selon Reuters, des tests internes ont notamment mis en évidence des problèmes de fonctionnement et des failles de sécurité, dont des risques d'exposition de données privées. Ces difficultés auraient conduit Meta à repousser le lancement, initialement prévu plus tôt dans l'année, afin de renforcer les protections de l'agent.
Sur le plan tarifaire, une version de base de Muse sera proposée gratuitement. Meta prévoit également deux formules payantes, à 20$ et 100$ par mois, destinées aux utilisateurs ayant des besoins plus importants, selon un porte-parole de l'entreprise.