Meta abandonne le fact-checking dans plusieurs pays d’Amérique latine

Meta abandonne le fact-checking dans plusieurs pays d’Amérique latine

20 Minutes avec AFP

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Publié le 09/09/2026 à 19h51 • Mis à jour le 09/09/2026 à 19h51

Après les Etats-Unis, Meta poursuit le remplacement du fact-checking professionnel par les « notes de la communauté ». Mercredi, le groupe a annoncé le lancement en phase de test de ce dispositif dans 16 pays d’Amérique latine. Sur Facebook, Instagram et Threads, des utilisateurs référencés pourront désormais ajouter des précisions ou du contexte à certaines publications, généralement en s’appuyant sur des sources.

Pour être publiée, une note devra être jugée utile par suffisamment de contributeurs aux points de vue variés. Meta avait engagé cette transition aux Etats-Unis en janvier 2025. « Nous allons nous débarrasser des fact-checkers et les remplacer par les notes de la communauté, semblables à ce que fait X », avait alors annoncé Mark Zuckerberg. Le PDG estimait que le système précédent produisait « trop d’erreurs et trop de censure ».

Un modèle bien moins efficace

Le groupe défend aujourd’hui un dispositif qui compte plus de 1,4 million de participants aux Etats-Unis. Selon Meta, les notes sont produites en plus grand nombre que les vérifications réalisées par les fact-checkers indépendants et apparaissent souvent plus rapidement. Plusieurs études ont toutefois conclu que ce modèle était moins efficace que le travail de professionnels de la vérification pour lutter contre la désinformation.

L’annonce a suscité l’inquiétude de l’International Fact-Checking Network. Sa directrice, Angie Holan, s’est dite mercredi « profondément inquiète ». « Les notes de la communauté seules ne sont tout simplement pas adéquates quand il s’agit de réduire l’impact de la désinformation dangereuse sur les réseaux sociaux », a-t-elle averti.

Un contexte politique tendu en Amérique latine

Le déploiement intervient dans un contexte politique tendu en Amérique latine, après l’élection récente de dirigeants au Pérou, en Colombie et au Costa Rica, après le Chili et l’Argentine. Ces responsables utilisent largement les réseaux sociaux pour leur communication, sur des plateformes confrontées à la désinformation. Certains ont également été accusés de s’appuyer sur des groupes d’internautes très actifs pour donner l’impression d’un fort soutien populaire.

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Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’AFP, plaide pour une complémentarité entre les deux systèmes. « Les études sérieuses laissent penser que les notes de la communauté ne peuvent être pertinentes que lorsque les contributeurs peuvent s’appuyer sur du journalisme de vérification numérique réalisé de façon précise et déontologique », a-t-il déclaré. « Le fact-checking et les notes de la communauté doivent aller de pair. Ce qui compte c’est la qualité des notes, pas leur quantité. » En avril, le conseil de surveillance de Meta avait déjà reproché au groupe d’avoir abandonné « à la hâte » le fact-checking aux Etats-Unis.