Michel-Édouard Leclerc : « Je ne serai pas candidat, ni ministre en 2027, mais vous allez m’entendre ! »

Michel-Édouard Leclerc : « Je ne serai pas candidat, ni ministre en 2027, mais vous allez m’entendre ! »
Michel-Édouard Leclerc : « Je ne serai pas candidat, ni ministre en 2027, mais vous allez m’entendre ! »

Michel-Édouard Leclerc : « Je ne serai pas candidat, ni ministre en 2027, mais vous allez m’entendre ! »

© Photo par FRED TANNEAU / AFP

Florent Buisson 02/09/2026 à 19:03, Mis à jour le 02/09/2026 à 19:07

Malgré une popularité insolente, l’entrepreneur ne sera pas candidat à la présidentielle. Mais il confie à Paris Match vouloir continuer de peser dans le débat public.

Après plusieurs mois à laisser planer le doute, Michel-Édouard Leclerc a fermé la porte en début de semaine à une candidature présidentielle. Son nom avait jailli après la publication de plusieurs sondages d’opinion démontrant sa popularité, à commencer par l’entrée dans notre baromètre Ifop des personnalités politiques. Il en était d’ailleurs toujours le leader, et de loin, en juillet dernier.

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Après un été à recevoir Gabriel Attal chez lui à Landerneau ou auprès des maires lors du Tour de France, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc dresse un constat implacable.

« Tout le monde parle d’urgences (géopolitiques, écologiques, etc.) et en même temps la vie politique se délite, confie-t-il auprès de Paris Match. Il y a de belles personnes mais aucun ne joue le jeu du collectif. Ils n’ont pas la vision des attentes des Français pourtant faciles à lire, sur le pouvoir d’achat, la sécurité, etc. »

« Je me suis réellement interrogé, mais je n’ai pas le melon… »

Alors pourquoi ne pas se lancer, lui, dans la course ? « Je me suis réellement interrogé, mais je n’ai pas le melon et je me serais époumoné avant d’être un levier efficace. Or, j’ai une utilité sociale, je me sens plus efficace dans la position qui est la mienne aujourd’hui. »

Il l’assure, les demandes de rendez-vous n’ont jamais été si nombreuses depuis qu’il a annoncé qu’il ne serait pas candidat. Comme si les politiques cherchaient à s’attirer ses grâces, ou à lever les secrets de cette popularité.

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« Si je suis populaire dans les sondages c’est que je ne suis pas dans le modèle politique, justement, argue le septuagénaire. Et c’est lié aussi à l’historique, aux 180 000 salariés de Leclerc installés partout. Mais comme Leclerc est présent dans beaucoup de secteurs autres que l’alimentation (location de voitures, voyages, ameublement, etc.), c’est un véritable observatoire de la société, pour moi. Je vais donc interpeller les politiques qui pour l’instant sont davantage dans les débats de paroisses… »

Donner l’envie d’avoir envie…

Le représentant du leader de la grande distribution, qui sort un livre sur « Les grands enjeux de l’économie dans notre quotidien » (aux éditions Eyrolles) s’est désolé de voir, le 27 août dernier, des patrons rire lorsque Jean-Luc Mélenchon a proposé d’augmenter le Smic, lors du débat entre candidats organisé par le Medef.

Sur le fond, il aimerait que l’on explore d’autres pistes pour améliorer le pouvoir d’achat des Français. « Je voudrais rapprocher le salaire net et le brut » indique-t-il. Via, notamment, une hausse de la TVA sur les services pour financer la hausse des salaires. « Mais personne n’est en mesure de chiffrer tout cela, ne veut le faire, ni à Bercy (au ministère de l’Économie, NDLR) ni parmi les candidats. Il faut aussi donner envie et ne pas dire aux jeunes, par exemple, qu’ils sont des « charges » pour l’entreprise. C’est vrai d’un point de vue strictement comptable mais une erreur fondamentale… »

Alors que Serge Papin, ancien directeur de Système U, est aujourd’hui ministre des PME, du commerce et de l’artisanat, Michel-Édouard Leclerc le certifie, lui n’acceptera aucune proposition pour intégrer un gouvernement en 2027.

« Quelle est l’efficacité, le pouvoir de décision d’un ministre, même de l’Économie, aujourd’hui ? Ça ne m’intéresse pas d’y aller. Je reste dans le débat d’idées, je ne serai pas candidat, ni ministre, mais vous allez m’entendre ! C’est à nous d’amener les politiques sur certains sujets et à eux de bosser derrière ! »