Michel Evans a tiré sa révérence, après 31 ans d'échevinat à Anthisnes : "J'entame une nouvelle vie" (photos)
Nous vous l'avions annoncé le 11 septembre dernier : Michel Evans, 69 ans, personnage politique de premier plan durant 31 ans à Anthisnes, quitte le collège. La raison ? Le 1er échevin (PS-IC) se marie dans trois jours avec l'échevine de son collège, Nathalie Seron. Le Code de la démocratie locale interdit qu'un couple siège au sein du même conseil. Il fait donc un pas de côté. Ce mercredi soir, il a vécu son dernier conseil communal. Nous l'avons rencontré avant la séance, pour revenir sur ses impressions et trois décennies d'investissement politique.
Quel sentiment vous habite en ce dernier jour de conseil ?
C'est un peu dur de quitter ceux qu'on côtoie depuis tant d'années. Mais à un moment donné, il faut laisser la place aux jeunes.
Le choix a-t-il été difficile à prendre ?
Je l'ai annoncé d'emblée à Nathalie : c'est moi qui allais démissionner. Il n'y a même pas eu besoin de réfléchir. J'entame une nouvelle vie.
Vous retirez-vous totalement de la Commune ?
Oui même si je reste disponible pour Cindy Frémeaux qui va me remplacer au collège. Je serai là si elle a une question, sans pour autant être une belle-mère.
Comment êtes-vous arrivé en politique ?
J'ai toujours aimé m'investir au niveau de ma commune, dans les comités de jeunes, j'assistais régulièrement aux conseils, je me procurais les budgets communaux que j'aimais éplucher. Mais sans jamais penser à faire de la politique. C'est Marc Tarabella qui est venu me chercher et j'ai accepté. Ce qui est assez incroyable, c'est que j'ai tout de suite été élu échevin. Je ne m'y attendais pas. C'était en 1994, j'avais 37 ans.
Une plongée assez brutale…
La première année, soyons clair, fut relativement difficile, parce qu'il y a énormément de choses à assimiler, que ce soit au niveau des compétences au sein du collège qu'au niveau de la gestion générale.
Quelles attributions avez-vous préféré gérer ?
J'ai toujours eu l'environnement et les finances, deux domaines qui me passionnent. Je suis un homme de chiffres mais aussi de nature. J'ai aussi géré les travaux, le sport, les aînés, la jeunesse…
Si vous deviez mettre en avant un dossier dont vous êtes fier ?
La réhabilitation de la drève de Tolumont, qui dépérissait. Avec le DNF, on a mis en place une gestion des plantations pour lui rendre sa superbe et améliorer la biodiversité. Ça me tenait à cœur car j'aime la nature et c'est un endroit où j'allais souvent promener avec mon grand-père. L'autre dossier dont je suis fier, même si je ne l'ai pas porté personnellement, c'est la nouvelle administration dans la Cour Omalius. Un beau dossier à réaliser, mais qui n'était pas facile au niveau finance. On a réussi à obtenir le maximum de subsides.
Et le dossier qui a été votre bête noire ?
Un des dossiers qui me reste un peu en travers de la gorge, c'est la sécurisation de la rue du Centre (NDLR : projet rejeté par les citoyens). Il y avait certes des améliorations à apporter, mais tout n'était pas à jeter. On a fortement ressenti la peur du changement.
Vous avez aussi été bourgmestre ff à plusieurs reprises. Vous n'avez jamais voulu prendre les rênes de la commune ?
La fonction de bourgmestre ne m'a jamais vraiment intéressé. Par contre, j'ai toujours été très fier de mes scores électoraux et j'ai toujours voulu croire que ça motivait encore un peu plus Marc…
Y a-t-il eu un moment particulièrement dur pendant les 31 ans de mandat ?
Quand Marc Tarabella est devenu ministre de 2007 à 2019, j'ai eu la faiblesse de croire que j'étais capable de garder la plupart de mes compétences outre celle de bourgmestre faisant fonction. À refaire, je ne commets plus cette erreur. Ça a été très dur. Après deux ans, j'étais sur les genoux et j'ai été très content de voir Marc revenir.
Entre la politique d'il y a 30 ans et celle d'aujourd'hui, l'écart est-il grand ?
Je regrette la triste évolution de tout ce qui est administratif, à tous les niveaux. Je deviendrais échevin aujourd'hui, je prends la porte après six mois. C'est très lourd. Et puis il y a l'image du monde politique qui s'est écornée. Le citoyen n'imagine souvent pas tout le travail qu'il y a derrière chaque projet, chaque mandat. Il faut avoir les épaules solides.
Au collège, il y a toujours Marc Tarabella et Toni Pelosato, qui étaient là aussi quand vous avez commencé. Comment expliquez-vous cette longévité ?
Il y a au sein de notre collège une stabilité assez rare. Il y a toujours eu une bonne ambiance entre nous et chacun est vraiment libre de travailler dans son domaine, sans être censuré. C'est la recette !
Quel conseil pouvez-vous donner à Cindy Frémeaux, qui vous remplace ?
Avoir ses idées, les garder, et les faire aboutir. Ne jamais les jeter parce que ça ne passe pas au premier coup. Il faut avoir de la persévérance, c'est le maître-mot.
Qu'allez-vous faire de votre retraite politique ? Des projets, des passions ?
J'ai acheté un vélo VTT électrique et je compte en profiter. Je vais aussi me remettre à la pêche, avec mon petit-fils qui est fan. Et puis je vais profiter de ma nouvelle vie avec mon épouse, mon échevine préférée (rires).
Et votre mariage, ce 3 octobre, comme s'annonce-t-il ?
On sera marié par Marc Tarabella à la Commune où je redoute plusieurs surprises puis on reçoit amis et famille à la salle aux Oies d'Ouffet.
Marc Tarabella : "320 conseils et 5 ans de mayorat ff"
Le bourgmestre, Marc Tarabella, n'a pas caché son émotion en actant la démission de Michel Evans, son partenaire politique depuis 31 ans. "C'est un moment marquant. Je salue Michel pour sa grande régularité, sa grande correction à l'égard du groupe, son contact avec les citoyens. J'ai calculé : 31 ans, c'est 1 620 collèges hebdomadaires, 320 séances du conseil et, si je calcule toutes mes absences durant les mandats de ministre et d'eurodéputé, mes vacances, Michel aura presté cinq ans de mayorat faisant fonction. Merci aussi pour son soutien dans les moments plus difficiles de ma vie. J'ai reçu de lui et de mon groupe une énorme solidarité. C'est là qu'on mesure ceux qui sont proches."
La cheffe de l'opposition RC, Françoise Keysers, a tenu, elle aussi, a marqué le départ du 1er échevin. "Voilà 20 ans qu'on est ensemble autour de cette table, avec parfois des désaccords il faut le dire, sur les finances notamment. Mais tu as toujours défendu tes projets avec sérieux et toujours assumé ton mandat, qui exige du temps et de l'énergie."
Un conseil rempli d'émotion et qui a suscité des applaudissements nourris au moment où Michel Evans s'est assis dans le public, désormais comme spectateur. "Et je compte bien revenir assister aux séances", a-t-il glissé.
Cindy Frémeaux monte au collège
C'est Cindy Frémeaux (PS-IC) qui reprend le flambeau de Michel Evans. C'est elle qui a obtenu le plus de voix de préférence, après l'échevin sortant. À 46 ans, cette maman d'une grande adolescente, de Tavier, est assistante sociale. Elle a prêté serment mercredi soir après avoir acté la démission de l'échevin et modifié le pacte de majorité.
Le collège est donc désormais composé de Marc Tarabella, toujours bourgmestre, Toni Pelosato, qui devient 1er échevin, de Nathalie Seron, la future épouse, qui devient 2e échevine, tandis que Cindy Frémeaux devient 3e échevine. Elle prendra en charge les finances et l'environnement ainsi que les affaires sociales, qu'elle reprend à Coralie Arnols, présidente du CPAS qui elle, prend le sport. "Les affaires sociales me tiennent particulièrement à cœur car je suis assistante sociale depuis 25 ans, c'est mon domaine, a expliqué Cindy Frémeaux au conseil. En acceptant l'échevinat, je sors de ma zone de confort, c'est un nouveau challenge."
À noter aussi que Nicolo Gagliardo a prêté serment comme conseiller, à la place de Cindy Frémeaux.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.