Mobilisation du 17 octobre : Emmanuel Macron demande de tirer « les leçons » des violences, les préfets agiront avec les maires

Mobilisation du 17 octobre : Emmanuel Macron demande de tirer « les leçons » des violences, les préfets agiront avec les maires

Au lendemain des violences et des pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche à 20 heures. Une prise de parole très attendue, alors que le chef de l’État était sous pression, entre appels à la démission du ministre de l’Intérieur et critiques de la politique de maintien de l’ordre.

« Hier, des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une délinquance débridée dans nos villes », a déclaré le chef de l’État. « Des commerces ont été pillés, des bâtiments publics, des magasins, des mairies ont été attaqués. Et plusieurs centaines de policiers et de gendarmes ont été blessés. »

Des aides rapides promises aux commerçants

« Comment des Français peuvent-ils faire ça à la France ? Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l’office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille ? Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, ne l’explique, ne l’excuse. Nous ressentons tous de la colère et de la honte », a poursuivi Emmanuel Macron.

Le président de la République a également exprimé son soutien aux forces de l’ordre, « qui ont fait de leur mieux », ainsi qu’aux maires, aux élus, aux commerçants et aux acteurs économiques touchés par les violences. « Ils ne seront pas laissés seuls », a-t-il assuré. Dès lundi, le Premier ministre présidera une cellule de crise afin de mobiliser les aides les plus rapides possibles.

Laurent Nuñez invité « à tirer toutes les leçons »

Visé par des critiques sur la stratégie de maintien de l’ordre, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement, et notamment au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de « tirer toutes les leçons » de la journée de samedi, « en matière de renseignement et d’anticipation ». « J’attends des réponses claires et toute la transparence sera faite », a promis le chef de l’État.

Il a également dénoncé les violences subies par les forces de l’ordre, « malgré leur professionnalisme ». De son côté, le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de faire preuve de la plus grande fermeté.

« Jamais nous ne devons confondre » les manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé », a insisté Emmanuel Macron. « Je veux être ici très clair à l’égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences. Nous serons intraitables. L’écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l’impunité. »

« Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser », a affirmé le président de la République.

Une « méthode » en trois points

Pour répondre à la situation, Emmanuel Macron a présenté une méthode articulée autour de trois axes.

Dans un premier temps, « les préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces, y compris en interdisant, quand il le faut, certains rassemblements ».

Deuxièmement, le chef de l’État a appelé les « organisations politiques, professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté toutes les violences » et à appeler au calme. « Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il déclaré. Le Premier ministre réunira les différentes formations dans les prochains jours « afin d’obtenir des positions claires et publiques ».

Enfin, Emmanuel Macron souhaite réunir autour de la table des élèves, des étudiants, des enseignants, des représentants des organisations patronales et syndicales, des collectivités territoriales ainsi que des parlementaires. Ces acteurs devront travailler avec le gouvernement dès cette semaine afin de formuler des propositions concrètes. Sébastien Lecornu les réunira également dans les prochains jours.

« Nous sommes à six mois de notre élection présidentielle. Tous ceux qui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre n’ont qu’un but : abîmer la République et voler le débat », a conclu Emmanuel Macron.