Mobilisation générale pour retrouver Michaël Amsallem, disparu à Roquebrune-sur-Argens lors des violentes intempéries
Une chape de plomb s’est abattue sur Roquebrune-sur-Argens. Deux jours après l’épisode méditerranéen qui a frappé le Var, certains axes de la commune portent encore les stigmates de la violence des intempéries.
Mais, au-delà des dégâts matériels, c’est l’inquiétude qui domine. Un nom revient en effet sur toutes les lèvres : celui de Michaël Amsallem, un père de famille de 58 ans porté disparu.
Le soir des intempéries, l’homme dînait chez des amis. Il a quitté leur domicile vers 23 heures, alors que les précipitations atteignaient leur pic.
Depuis, ses proches sont sans nouvelles.
Seul son véhicule, un Range Rover noir accidenté, a été retrouvé aux abords d’un cours d’eau, route de Pétignons, près du rocher de Roquebrune-sur-Argens.
Florian Escoffier / Nice-matin
Ce jeudi 22 octobre, la gendarmerie a lancé un appel à témoins pour tenter de le retrouver. Michaël Amsallem est décrit comme un homme de type caucasien, mesurant 1,75 mètre et de corpulence fine.
Il a les cheveux bruns et grisonnants et portait, au moment de sa disparition, un pull gris, un pantalon bleu et des baskets Adidas marron.
« Merci de partager largement, surtout dans le secteur Roquebrune / Les Issambres / Puget / Fréjus », demande la gendarmerie du Var.
Florian Escoffier / Nice-matin
Un chef d’entreprise apprécié localement
Sur les réseaux sociaux, sa photographie est largement relayée. Les messages de soutien se multiplient, témoignant de l’émotion suscitée par cette disparition.
Car Michaël Amsallem est une figure connue de la commune. Gérant de salles de sport Elit Fitness, dont celle de Roquebrune-sur-Argens, il est décrit par ceux qui le connaissent comme un homme sympathique et apprécié.
Sous les publications diffusant l’avis de recherche, les commentaires traduisent l’inquiétude de ses proches comme celle de nombreux habitants.
« Un homme super sympa », écrit l’un d’eux. D’autres confient leur désarroi : « Je n’ai pas dormi de la nuit. Je n’arrive pas à y croire », ou encore « je pense à ses deux filles… Soyez courageuses. »
Florian Escoffier / Nice-matin
Sur Instagram, où il compte près de 200.000 abonnés, l’un de ses proches a lancé un appel à la mobilisation.
Il invitait les volontaires à se retrouver dès 9 heures ce jeudi matin sur le chemin des Hauts Pétignons, afin de participer aux recherches.
« Mon meilleur ami a disparu. Malgré la mobilisation des pompiers et des gendarmes, les recherches n’ont malheureusement rien donné », a-t-il écrit, sollicitant l’aide du plus grand nombre pour tenter de retrouver Michaël Amsallem.
La mobilisation s’étend également à la communauté juive, dont le disparu est issu. Selon la gendarmerie, le recteur de cette communauté « a mobilisé une trentaine de personnes afin de prêter main-forte aux militaires dans leurs recherches ».
Une battue citoyenne dans un paysage dévasté
Florian Escoffier / Nice-matin
Une battue citoyenne a ainsi été organisée ce jeudi matin. Le rendez-vous était fixé chemin des Hauts Pétignons,à proximité de l’endroit où le véhicule du disparu a été retrouvé.
Une cinquantaine de personnes ont arpenté les alentours, à la recherche de la moindre trace, du moindre indice susceptible d’éclairer les circonstances de cette disparition.
Sur place, le paysage témoigne encore de la violence des intempéries. Des arbres ont été arrachés, des branches sont couchées et des troncs jonchent la chaussée.
Sur la berge, la terre est complètement retournée. Les dégâts rappellent la puissance des eaux qui ont déferlé dans le secteur.
Deux jours après l’épisode méditerranéen, les traces des intempéries sont toujours visibles, tandis que les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver l’homme disparu.
Florian Escoffier / Nice-matin
Dans ce décor bouleversé, les volontaires participent aux recherches aux côtés des forces de secours et de sécurité.
La mobilisation traduit l’inquiétude suscitée par cette disparition, mais aussi la volonté des proches et des habitants de ne pas rester sans agir.
« On ne peut pas imaginer autre chose qu’une issue positive », confie une riveraine. Malheureusement, les recherches menées hier n’ont, pour l’heure, rien donné.
« Tout le monde a cherché de partout, il n’y a rien… », déclarait le frère du disparu à Var-matin.
Florian Escoffier / Nice-matin
« Plus de 20 gendarmes sont mobilisés sur le terrain »
Loïc Coquet, officier d’état-major au groupement de gendarmerie du Var.
Ce genre de disparition, dans ces circonstances, est-elle fréquente dans la région ?
Non, dans le Var, nous avons très rarement affaire à ce genre de situation. Premièrement parce que la préfecture déclenche des alertes et que la population est régulièrement sensibilisée aux risques lors de telles intempéries. Je suis en poste depuis quatre ans, c’est la première fois que je suis confronté à ce type de disparition due à un phénomène méditerranéen.
Florian Escoffier / Nice-matin
Quels ont été les premiers moyens de secours et de recherche déployés sur place ?
Face à l’urgence, la prise en charge initiale a été immédiatement assurée par les sapeurs-pompiers. Ils ont d’abord effectué un jalonnement rigoureux du cours d’eau afin d’inspecter l’ensemble des berges. Dans les premières heures, l’état critique de la rivière a empêché toute mise à l’eau de plongeurs ou de moyens nautiques traditionnels. Dès la fin de cette phase de premiers secours, le relais a été pris sous l’autorité de la gendarmerie pour organiser une recherche terrestre et aérienne ciblée. Plus de 20 gendarmes sont engagés sur le terrain.
Comment s’organisent actuellement les recherches nautiques et terrestres ?
Nous travaillons sous l’autorité du procureur de la République de Draguignan, qui a ouvert une enquête pour disparition inquiétante. Tous les moyens disponibles sont mobilisés et le dispositif est adapté en permanence à l’évolution de la situation. La brigade nautique a ainsi pu être déployée. Des embarcations légères de la compagnie de Draguignan effectuent une descente méthodique du cours d’eau, tandis que des équipes ratissent le terrain et que des patrouilles pédestres parcourent le littoral. L’estuaire fait également l’objet d’une surveillance particulière.
En parallèle, le 7e régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (7e RIISC) a été engagé. Ses équipes cynophiles interviennent en complément des moyens aériens, notamment des drones. Les recherches menées ce matin n’ont toutefois pas permis de découvrir de nouvel indice.
Enfin, des renforts de plongeurs spécialisés, notamment en provenance de Martigues, peuvent être mobilisés rapidement si nécessaire. Le dispositif repose ainsi sur une coordination étroite entre les sapeurs-pompiers, les gendarmes et les équipes spécialisées, afin de couvrir l’ensemble des zones de recherche et d’adapter les moyens engagés aux besoins du terrain.
Toute personne disposant d’informations susceptibles d’aider les recherches est invitée à contacter la gendarmerie de Puget-sur-Argens au 04 .94.52.43.50 ou à composer le 17, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.