Mort de Nahel : procès pour meurtre ou non-lieu pour le policier ? La justice tranche à nouveau ce mardi
La justice doit de nouveau se prononcer ce 29 mardi septembre 2026 sur les poursuites visant le policier qui a tué Nahel Merzouk en 2023 à Nanterre, après l’annulation par la Cour de cassation de la requalification des faits en violences volontaires.
La justice doit de nouveau statuer mardi sur le chef pour lequel est renvoyé le policier qui a tué Nahel Merzouk en 2023 à Nanterre, après l’annulation par la Cour de cassation de la requalification des faits en violences. Le policier était initialement poursuivi pour meurtre.
Des faits requalifiés
Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué le 27 juin 2023 à Nanterre d’une balle tirée à bout portant lors d’un contrôle routier. Son décès, devenu symbole des violences policières, avait été à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France.
En juin 2025, après deux ans d’investigations, deux juges d’instruction avaient ordonné le renvoi du policier auteur du tir, Florian M., devant la cour d’assises pour meurtre, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre. Florian M. avait fait appel de cette ordonnance.
En mars 2026, la cour d’appel de Versailles avait décidé de requalifier les faits et ordonné que le fonctionnaire soit renvoyé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle avait par ailleurs confirmé le non-lieu pour le second policier présent lors de l’intervention.
La cour d’appel tranchera
En juin, la Cour de cassation, qui juge le seul respect du droit et non le fond des dossiers, avait validé ce non-lieu mais annulé la requalification des faits pour Florian M. Ainsi, la plus haute juridiction judiciaire avait rouvert la voie à un procès pour meurtre de Florian M. et renvoyé l’affaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles.
Celle-ci va donc de nouveau devoir statuer sur le chef pour lequel est renvoyé le policier et étudier la demande de non-lieu émanant de la défense, mardi, lors d’une audience à huis clos. Sa décision, qui sera probablement mise en délibéré et rendue à une date ultérieure, pourra faire l’objet de nouveaux recours.
"La famille espère que la cour d’appel renverra enfin le policier pour qu’il soit jugé devant une cour d’assises du seul chef d’infraction qui s’impose, le crime de meurtre", a déclaré à l’AFP Me Margot Pugliese, qui représente plusieurs membres de la famille Merzouk.
"On attend avec confiance cette fois-ci que l’auteur de la mort de Nahel soit renvoyé devant une cour d’assises", a abondé Me Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, Mounia Merzouk.
Un tir légitime selon la défense
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le collectif Justice pour Nahel, dont fait partie Mme Merzouk, a estimé qu’il n’appartenait pas "à la chambre de l’instruction de créer un pseudo-statut d’exception s’agissant des policiers".
Pour la défense, le tir du policier Florian M. était "légitime" et "conforme au cadre légal", avait précédemment précisé à l’AFP son avocat, Me Laurent-Franck Liénard qui n’a pas souhaité s’exprimer lundi auprès de l’AFP.