Moselle. En terrasse avec Raphaël Pitti : « J’aime prendre le temps d’arriver sur un lieu de vacances »

Moselle. En terrasse avec Raphaël Pitti : « J’aime prendre le temps d’arriver sur un lieu de vacances »
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Raphaël Pitti est arrivé à Metz en 1991. Le médecin militaire est affecté à l’hôpital Legouest, à la tête du département d’anesthésie, réanimation et urgences ainsi que le centre de formation. Aujourd’hui, il préside l’ONG HuSoMe qui soutient les populations sur les zones de conflits et qui forme, sur place, les personnels soignants. Un grand voyageur.

Le Républicain Lorrain -

Aujourd’hui à 07:01

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Raphaël Pitti préside l’ONG HuSoMe qui soutient les populations sur les zones de conflits et qui forme, sur place, les personnels soignants. Photo Karim Siari
Raphaël Pitti préside l’ONG HuSoMe qui soutient les populations sur les zones de conflits et qui forme, sur place, les personnels soignants. Photo Karim Siari
Qu’avez-vous commandé à boire et pourquoi ?

Un café. Une habitude après le repas.

Pour vous, une terrasse réussie, c’est où ? En ville, au bord de l’eau, en montagne, sur une place de village ?

Au bord de la mer, le matin très tôt, quand la ville s’éveille. Les joggeurs courent devant une mer d’huile. Il fait frais. Les magasins ouvrent et vous êtes dans ce bar. Vous jouissez de cette tranquillité. Ce sont les vacances.

▶ La carte postale de vos vacances

Quel est votre premier souvenir de vacances ?

J’avais 19 ans. Je venais d’avoir mon bac. J’avais un petit pécule en poche et j’ai fait le tour de l’Europe. Seul. France, Espagne, Portugal, Suisse, Belgique. Je suis remonté par le Nord. Un mois de voyage, pas préparé. Uniquement des coups de cœur.

Est-ce que vous avez gardé un objet ou une photo qui vous ramène immédiatement en été ?

Non. Je ne suis pas accroché aux choses matérielles.

La plus belle baignade de votre vie ?

J’étais médecin dans les commandos marine. À Djibouti pour faire une opération de survie. Nous n’avions que la nourriture trouvée en marchant. C’était le dernier jour, et il fallait traverser le lac Assal, un lac salé situé à 150 mètres sous le niveau de la mer. C’est une étendue blanche, très chaude. Nous aurions dû le traverser à 5 heures du matin. Le commandant s’est trompé, nous étions sur le site à 10 heures. À un moment, nous n’avions plus de salive, plus de transpiration, nos vêtements étaient cartonnés, nous n’avions plus d’eau. Quand nous sommes arrivés de l’autre côté, il y avait un lac. Les hommes ont eu la force de courir jusque-là. C’est alors que la vie reprend.

La randonnée ou balade que vous n’oublierez jamais ?

Dans l’arrière-pays niçois. La vallée des Merveilles, ponctuée de lacs de montagne et de peintures rupestres. C’est très beau.

Un amour de vacances qui a changé quelque chose dans votre vie ?

Je suis né et j’ai vécu quelques années à Oran, une ville où il y avait une importante communauté espagnole, avec laquelle nous échangions beaucoup.

Quand j’avais quinze ans, je suis parti à Alicante, en Espagne. J’étais sur la plage, deux filles ont commencé à me parler. Et je me suis soudain rendu compte que je savais parler espagnol. L’une d’elles s’appelait Mercedes, un premier amour. Nous avons échangé beaucoup de lettres enflammées, et la distance a repris ses droits.

La plus grosse galère de vacances ?

C’était en Corse. Nous voyagions en famille. Une voiture nous a fait une queue de poisson et a failli nous tuer. Je l’ai poursuivie, accrochée, et cela s’est terminé aux poings.

Le plus beau hasard vécu pendant un voyage ?

Après la guerre du Golfe, j’étais invité à un congrès médical en Arabie saoudite. J’avais préparé une communication en anglais, mais je n’en étais pas sûr. Écrire en anglais est une chose, parler en est une autre. Quand je suis arrivé à Yanbu, un médecin libanais s’est approché de moi. Il m’a rappelé qu’il avait fait sa formation à Brest, comme moi, que j’étais une année au-dessus de lui et que je lui avais donné tous mes cours. Il parlait très bien anglais et m’a aidé pour ma communication.

▶ La valise idéale

Vous ne partez jamais sans quoi… Pourquoi ?

La carte du pays dans lequel je me rends, des dollars — cela vaut parfois mieux qu’une carte d’identité dans certains pays — et une tenue civile, si c’est dans un cadre militaire.

Le livre que vous emporteriez sur une île déserte ?

Un livre dans lequel on peut se replonger souvent : la Bible.

L’album ou la chanson qui vous rappelle immanquablement les vacances ?

Une chanson italienne : Felicità , d’Al Bano et Romina Power

Le plat ou la boisson qui résume l’été ?

Un plat de spaghetti sur une terrasse au bord de la mer.

▶ En villégiature

Si vous deviez convaincre nos lecteurs de passer leurs vacances dans la région, quel serait votre meilleur argument ?

Metz n’est pas une, elle est diverse, comme la Lorraine. On peut se trouver au bord d’un lac, Madine ou Der, partir en randonnée. C’est aussi une terre de culture et d’histoire.

À quel endroit êtes-vous le plus heureux quand il fait 30°C ?

Trente, je supporte bien. S’il fait plus, c’est en montagne. Dans les Alpes.

Si vous pouviez inviter n’importe qui à cette terrasse, vivant ou disparu, avec qui partageriez-vous ce verre ?

Un ami que j’aimais beaucoup, qui s’appelait Jean-François. Il est mort brutalement à l’âge de 37 ans, le jour de son anniversaire. Il était plein de vie. Avait un rire communicatif. Le rire, c’est le miroir de l’âme. Lui avait un vrai rire.

▶ Le match de l’été

Plage ou montagne  ? Les deux, en famille.
Spritz ou pastis  ? Pastis, mais clair.
Barbecue ou restaurant  ? Barbecue, dans une ambiance rustique.
Tour de France ou Coupe du monde  ? Ni l’un ni l’autre. Trop d’argent en jeu.
GPS ou carte routière  ? Carte routière et boussole si le GPS tombe en panne.
Valise préparée une semaine à l’avance ou une heure avant de partir  ? Une heure avant de partir. Je voyage beaucoup. Une partie est toujours prête.
Avion ou train  ? J’aime prendre le temps d’arriver sur un lieu de vacances. J’aime le bateau qui traverse la Méditerranée et voir les côtes qui se rapprochent quand je vais en Algérie.
Grasse matinée ou réveil aux aurores  ? Réveil aux aurores, surtout en été.
Roman ou mots fléchés  ? Roman. Des thrillers historiques pendant les vacances.

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