Moselle. Visite du pape Léon XIV à Metz : mamans d’enfants en situation de handicap, elles rêvent pour eux d’un geste du Saint-Père

Moselle. Visite du pape Léon XIV à Metz : mamans d’enfants en situation de handicap, elles rêvent pour eux d’un geste du Saint-Père
Stéphanie serre dans ses bras son fils Léo pour lequel elle espère une bénédiction papale. Tout comme Sophie pour sa fille Blanche.  Photo Hugo Azmani
Stéphanie serre dans ses bras son fils Léo pour lequel elle espère une bénédiction papale. Tout comme Sophie pour sa fille Blanche.  Photo Hugo Azmani

Jamais l’idée d’aller voir le pape à Metz ne les avait effleurées. Trop galère pour elles. Stéphanie Lainé et Sophie Mesnard sont pourtant croyantes et pratiquantes et vivent à seulement 30 kilomètres de la préfecture de la Moselle, à Elvange et à Saint-Jure.

Mais elles sont aussi mères d’enfants atteints de handicaps lourds : « Se garer loin, attendre des heures au milieu de la foule et du bruit, ce n’est clairement pas possible pour eux. »

Et puis il y a eu ce coup de fil du diocèse, qui a tout changé. « Le diocèse nous a invités en famille », raconte la Mosellane, investie à l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH) et qui travaille depuis peu comme intervenante en enseignement religieux. Elles font partie des 150 parents d’enfants malades et en situation de handicap invités rue Châtillon à Metz, via leurs associations. Il s’agit de la rue de l’évêché, où déjeune le pape avant de démarrer sa déambulation. Ils pourront y arriver environ une heure avant en se garant à proximité.

« Les enfants handicapés sont souvent les grands oubliés. Que l’Église pense à les faire passer en premier, cela m’a touchée. Pour une fois que le handicap est mis à l’honneur », confie celle qui préside Le chemin de Léo, visant à financer les équipements coûteux dont son fils a besoin. Léo, bientôt 11 ans, n’a toujours pas été diagnostiqué : « Il lui manque un bout de cortex cérébral et il y a aussi de l’autisme. Il ne marche que depuis deux ans, boit dans un verre depuis quelques jours et communique sur une tablette via des pictogrammes. »

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Rompre l’isolement

Tout de suite, Stéphanie a pensé à associer à ce moment les copines de Cœur de mamans, un groupe de parole réunissant des mères d’enfants handicapés. « Nos situations nous isolent et nous n’avons pas les mêmes problématiques que les autres mamans. Cela fait du bien de se retrouver ensemble », explique Sophie Mesnard, responsable Grand Est, qui a créé le groupe messin il y a deux ans. Lundi, elle sera avec Blanche, 9 ans, atteinte de trisomie 21, non scolarisée et dont elle s’occupe à temps plein.

Sentir la ferveur

Les deux enfants n’ont aucune conscience de qui est le pape. « C’est peut-être moi qui ai besoin de ce moment », reconnaît Sophie avant de développer sa pensée : « Je sais que Dieu est avec lui. Il n’a pas besoin du pape. Par contre, je veux qu’il sente la ferveur, la fraternité et la communion qu’on va vivre. »

Sophie, plus réservée sur la « starification » autour du pape, s’est aussi posé la question de savoir si cette proposition relevait de la seule envie d’offrir une belle image. Mais les efforts mis en œuvre pour la concrétiser l’ont convaincue de la sincérité : « J’ai senti qu’on voulait vraiment leur donner une place. J’y vais pour son chemin de foi. Je suis de la génération Jean-Paul II qui a marqué son temps et un virage de l’Église. Léon XIV, c’est le pape de sa génération. J’y vais aussi parce que cela donne de la visibilité à nos enfants et au handicap. »

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« J’en ai des frissons »

On leur demande ce qu’elles ressentiraient si le pape venait à bénir leur enfant. L’émotion n’est pas loin de submerger Stéphanie : « C’est ce qu’on espère. Rien que d’y penser, j’en ai des frissons. On est cathos, alors les miracles, on y croit ! Si Léo peut avoir un coup de main, je prends ! Et si le pape pose ses yeux sur lui, lui donne de l’importance, je serai contente. » Pour Sophie : « Il n’y a que s’il s’approche d’eux qu’il aura compté pour nos enfants. Sinon, ils auront vu passer une voiture. » Seule certitude : pour la première fois, leurs enfants sont laissés sur le bord de la route pour de bonnes raisons.