Pour survivre, la télévision linéaire doit se concentrer sur "l'événementialisation", affirme Nicolas de Tavernost

Pour survivre, la télévision linéaire doit se concentrer sur "l'événementialisation", affirme Nicolas de Tavernost

Nicolas de Tavernost, créateur et ancien dirigeant de M6, publie "La Télé comme jamais" (Allary éditions). Sur France Inter, il donne ses pistes pour la survie de la télévision linéaire et apporte son soutien à l'audiovisuel public.

"Si la télévision se resserre notamment sur les directs, notamment sur l'événementisation, elle fonctionnera", assure le créateur de M6, Nicolas de Tavernost, mercredi 23 septembre, sur France Inter. L'ancien dirigeant de la 6e chaîne publie, jeudi, La Télé comme jamais (Allary éditions). Dans ce livre, il raconte des chaînes de télé qui gagnent de l'argent, des audiences record à plus de 10 millions de téléspectateurs et une forme de domination sans partage. Il estime que, pour survivre, les chaînes de télévision linéaire doivent se concentrer sur la diffusion de grands événements en direct, des compétitions sportives, mais aussi des moments politiques, comme les débats pour la présidentielle.

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"On a de mon point de vue fait une erreur considérable, il y a une vingtaine d'années ou 25 ans, en multipliant les chaînes de télévision au lieu plutôt de les concentrer pour qu'elles aient les moyens de s'acheter les grands événements", explique Nicolas de Tavernost. "Quand vous achetez la Coupe du monde [de football], ça vous coûte extrêmement cher, j'en sais quelque chose", sourit-il. M6 s'est payé les droits pour diffuser 54 matchs de la compétition internationale qui avait lieu, cet été, aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

"Le service public sait faire des choses que le privé ne fait pas"

Nicolas de Tavernost s'oppose à la privatisation de l'audiovisuel public, réclamée depuis longtemps par le Rassemblement national. "Le service public sait faire des choses que le privé ne fait pas", assure l'ancien patron de M6. "Le Tour de France, par exemple, ne peut pas être fait par le secteur privé, parce que c'est l'après-midi, parce qu'il n'y a pas assez de recettes publicitaires, parce que c'est une énorme production, et il le fait d'ailleurs extrêmement bien", précise-t-il.

En revanche, il estime qu'il y a "des tas d'émissions de variété" que "le privé fait aussi bien", mais aussi que "les films américains, le secteur privé le fait très bien". Il souhaiterait, par ailleurs, une "limitation" de la publicité sur le digital, à l'image de ce qui est fait "après 20 heures" à la télévision "pour montrer que les usages sont les mêmes".

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Considéré comme l'homme qui a importé la télé-réalité en France, avec Loft Story en 2001, Nicolas de Tavernost se dit "plus content d'avoir créé Paris Première plutôt que d'avoir fait de la télé-réalité". Et de conclure : "On ne fait pas la télévision qu'on aime, on fait la télévision pour laquelle il y a un public."