Nivelles : vers un label pour promouvoir l'Aclot ?

Nivelles : vers un label pour promouvoir l'Aclot ?

Le Prix de l'œuvre philologique consacrée aux langues régionales a été récemment attribué par la Fédération Wallonie-Bruxelles au Nivellois Charles Botos, pour son travail sur la pièce de Georges Willame Èl roûze dè sinte Èrnèle. Cette pièce datant de 1880 sera jouée en novembre prochain au Waux-Hall par le Cercle royal Les XIII, une troupe locale qui existe depuis plus d'un siècle.

Pour Valérie De Bue, qui a évoqué le sujet au dernier conseil communal, il s'agit d'une belle illustration de l'importance du parler aclot pour l'histoire et le patrimoine de Nivelles. La conseillère MR a expliqué que la Fédération Wallonie-Bruxelles attribue des labels aux Communes qui défendent le parler local, via une convention "Ma Commune dit oui aux langues régionales". Actuellement, 49 Communes en Wallonie sont labellisées, dont plusieurs en Brabant wallon: Perwez, Walhain, Beauvechain, Ittre…

15 actions

Valérie De Bue a dès lors déposé un point complémentaire pour proposer au conseil que Nivelles demande ce label et signe la convention. Celle-ci prévoit que 15 actions doivent être menées dans quatre domaines: la communication, la culture, l'enseignement, et la signalétique, la vie économique ou le tourisme.

Pour la conseillère, sans vraiment rien mettre en place de nouveau, Nivelles pourrait déjà remplir la moitié des critères exigés. Et des actions supplémentaires pourraient s'insérer dans des politiques existantes sans coûter très cher. Il y a par ailleurs, pour les Communes qui s'engagent, un accompagnement de la Fédération Wallonie Bruxelles pour mener ces actions.

L'échevine de la Culture Céline Scokaert (PluS) s'est aussi intéressée au sujet après un contact avec Charles Botos. Mais son analyse est différente: pour elle, ce qui existe à Nivelles permet à peine d'arriver à un tiers des critères.

"Pour l'instant, on n'est pas prêt"

"On aurait adoré mais cela ne semble pas judicieux d'adhérer à cette convention, a-t-elle affirmé. On va recevoir le label, mais il y a un suivi après six mois, et un rapport pour évaluer le dispositif après trois ans. Et là, je ne pense pas qu'on pourra conserver ce label. La Ville reconnaît pleinement l'intérêt culturel historique et patrimonial de l'Aclot. Mais on doit faire un choix de bonne gestion et de sincérité. Je ne ferme pas la porte si on nous propose un réel soutien humain et financier. Mais pour l'instant, on n'est pas prêt. Il faut être réaliste."

Valérie De Bue, se disant déçue, a fait remarquer que des Communes beaucoup moins riches parviennent à remplir les critères. Pourquoi Nivelles, capitale du Roman Païs, n'y arriverait pas ?

"En parcourant les engagements de la convention, je pensais aussi que cela ne demanderait pas un énorme investissement, a appuyé Gaëtan Thibaut, côté MCN. Les langues régionales font partie de notre patrimoine et avec pas grand-chose, on pourrait avoir ce label."

Le point reporté

Pierre Huart (MR), lui, a estimé que la majorité refusait la proposition parce qu'elle vient de l'opposition. Et Gaëtan Thibaut, entendant l'échevine répéter qu'elle aurait aimé le faire si cela avait été possible, a proposé de reporter le point, pour que ce qui existe déjà soit évalué au regard de la convention.

"Ce serait dommage de se voir retirer le label après trois ans, a convenu le bourgmestre Bernard De Ro (Les Engagés).Mais personnellement, il me semble que l'idée de Gaëtan est intéressante."

Après avoir consulté ses échevins, le maïeur aclot a effectivement proposé que le point soit reporté, pour revenir lors d'un prochain conseil avec une analyse plus complète de ce qui est déjà en place et de ce qui pourrait être ajouté. Ce qui a été approuvé à l'unanimité.

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