Nombre d'usagers concernés, type de données volées : ce que l'on sait sur le piratage du portail des impôts - ICI

Nombre d'usagers concernés, type de données volées : ce que l'on sait sur le piratage du portail des impôts - ICI

Publié le vendredi 14 août 2026 à 15h40 Mis à jour le vendredi 14 août 2026 à 20h43

Des "centaines de milliers d'usagers" sont concernés par le piratage du système d'information des impôts, annonce la Direction générale des Finances publiques ce vendredi. Voici ce que l'on sait de la cyberattaque du portail des impôts.

Le système d'information du fisc a été victime d'une cyberattaque au mois de juin, a annoncé la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) jeudi soir. Ce vendredi, on apprend que 678.000 usagers sont concernés, selon le dernier bilan de la DGFiP.

678.000 usagers concernés

678.000 usagers sont concernés par ce piratage qui a permis l'extraction de données de particuliers et de professionnels, a annoncé ce vendredi la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), qui communiquera un "bilan consolidé prochainement".

"À ce stade des investigations, quelques centaines de milliers d'usagers sont concernés par cet acte malveillant", écrit la DGFiP. "Chacun des particuliers et professionnels concernés" va être contacté en début de semaine "afin de les informer des données les concernant et, le cas échéant, des mesures de vigilance à adopter".

Des données dérobées qui "facilitent l'usurpation d'identité"

Pour les particuliers, les données concernent notamment les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence, et le taux de prélèvement à la source, a indiqué la directrice de la DGFiP, Amélie Verdier, lors d'un échange par téléphone avec la presse vendredi. Ces données dérobées "ne permettent pas l'accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr, en revanche l'accès à des données personnelles facilite l'usurpation d'identité", a expliqué Amélie Verdier.

Pour les entreprises, il s'agit de "données moins sensibles que les particuliers", notamment le numéro de Siren, l'adresse de l'entreprise, du mandataire, a détaillé l'administration fiscale.

Une attaque survenue en juin

Le piratage a eu lieu au mois de juin, et son auteur l'a revendiqué ce mercredi, a annoncé jeudi soir le ministère de l'Économie. "Mercredi, un acteur malveillant a revendiqué un accès illégitime au système d'information de la Direction générale des Finances publiques , intervenu fin juin 2026, après une usurpation d'identité", détaille le ministère.

"Les premières investigations confirment que cet accès, qui avait été coupé fin juin dans le cadre du contrôle opéré, a néanmoins permis la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels."

Les services de Bercy ont détecté en juin la compromission de l'accès au compte d'un agent et ont immédiatement "coupé l'accès", mais à ce moment-là, l'administration n'avait "pas identifié que l'attaquant avait pu récupérer des données", a détaillé ce vendredi la directrice de la DGFiP.

Il s'agit d'une "attaque plus sophistiquée que ce qu'on avait vu par le passé", a expliqué Amélie Verdier. L'assaillant n'a par exemple pas effectué de "requêtage massif", qui consiste à envoyer un important volume de demandes à un système informatique, ce que l'administration peut repérer plus facilement. C'est seulement lors de la revendication de l'attaque le 12 août que les services de Bercy ont pu repérer certaines activités et notamment l'extraction de ces données personnelles.

Selon Clément Domingo, alias SaxX, hacker éthique et expert en cybersécurité, cette cyberattaque est "de loin la plus inquiétante et la plus critique qu'on ait connue en France". "On parle quand même de l'administration fiscale, réputée le bastion le plus sécurisé de notre pays, qui a été attaquée", a-t-il souligné sur franceinfo ce vendredi.

L'objectif de ce piratage : revendre les données collectées

L'objectif de ce genre d'attaque, est généralement de se faire de l'argent. Dans cette économie criminelle, celui qui s'introduit dans un système n'est généralement pas celui qui escroquera les victimes, il ne fait que revendre les fichiers aux futurs escrocs. On ne sait pas pour le moment si les données collectées sur la plateforme des impôts ont déjà été revendues, et à quel prix.

Le principal risque pour les victimes est celui de l'hameçonnage, ou "phishing". En s'appuyant sur l'historique réel des démarches d'un contribuable, des escrocs peuvent envoyer des messages crédibles en se faisant passer pour les services fiscaux et tenter de soutirer de l'argent par manipulation.

"Ces données-là vont forcément attirer beaucoup de monde", estime Clément Domingo, expert en cybersécurité, "certains qui pourront acheter le fichier dans sa globalité, d'autres de manière un peu partielle, donc je pense qu'on peut s'attendre à avoir d'ici la fin d'année une recrudescence à la fois de cambriolages et d'arnaques" .

"Nous présentons nos excuses à tous les usagers concernés", a déclaré ce vendredi la directrice de la Direction générale des Finances publiques.

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