"Nos soldats ne seraient pas tués si vous ne meniez pas une guerre inutile": l'Amérique compte à nouveau ses morts au Moyen-Orient, Donald Trump tient sa ligne

"Nos soldats ne seraient pas tués si vous ne meniez pas une guerre inutile": l'Amérique compte à nouveau ses morts au Moyen-Orient, Donald Trump tient sa ligne

"Nos soldats ne seraient pas tués si vous ne meniez pas une guerre inutile": l'Amérique compte à nouveau ses morts au Moyen-Orient, Donald Trump tient sa ligne

Publié aujourd'hui à 18h49

Lire dans l'app
Donald Trump à l'arrivée du cercueil d'un soldat américain à Dover, aux Etats-Unis, le 7 mars 2026

Donald Trump à l'arrivée du cercueil d'un soldat américain à Dover, aux Etats-Unis, le 7 mars 2026 - Photo par ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Les corps de trois soldats américains tués au Moyen-Orient, les premiers depuis la reprise du conflit doivent prochainement être rapatriés aux États-Unis. Si le bilan humain de la guerre contre l'Iran continue de s'alourdir pour les États-Unis, le président n'entend pas revoir ses plans.

Est-ce une image à laquelle les Américains vont devoir s'habituer? Les cercueils de soldats américains récemment tués au Moyen-Orient vont être rapatriés aux États-Unis.

La date de leur transfert doit encore être précisée, mais pour la troisième fois depuis le début de la guerre, Donald Trump sera présent sur la base de Dover, dans le Delaware, pour assister au "transfert solennel", le nom donné par l'armée américaine au rituel du retour au pays des défunts soldats.

Trois militaires ont été tués en l'espace de 72 heures, la semaine dernière en Jordanie et en Irak, les premiers depuis que le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington a volé en éclat début juillet. Au total, 17 soldats américains sont morts depuis le début de la guerre le 28 février.

De jeunes Américains tués "pour une guerre inutile"

La mort de ces Américains - dont Isabella Gonzales, une jeune femme de 19 ans - a de nouveau soulevé l'indignation des opposants à la guerre contre l'Iran, tant du côté démocrate que chez les quelques élus républicains qui ont tourné le dos à Donald Trump.

"Plus aucun héros américain ne doit mourir à cause de cette guerre imprudente et non nécessaire", a dénoncé sur X Hakim Jeffries, le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants.

Ce contenu ne peut pas être affiché

Ce contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :

Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ». Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affiché

"Nous aurions dû nous douter de leurs intentions lorsqu'ils ont rebaptisé le ministère de la Défense en ministère de la Guerre", a cinglé sur le même réseau social le républicain Thomas Massie, qui avait poussé l'an dernier l'administration Trump à rendre publics des documents du dossier Epstein.

Même colère du côté de Marjorie Taylor Greene, ancienne trumpiste "MAGA" devenue féroce critique de Donald Trump. "Nos soldats américains ne seraient pas tués si vous ne meniez pas une guerre inutile contre l'Iran pour ouvrir le détroit d'Ormuz qui était déjà ouvert avant que vous ne partiez en guerre", a-t-elle lancé au président américain.

Ce contenu ne peut pas être affiché

Ce contenu ne peut pas être affiché sans votre consentement car il implique l’utilisation de cookies déposés par son fournisseur. Ces cookies peuvent notamment permettre de mesurer l'audience, personnaliser le contenu ou suivre votre navigation. Pour afficher ce contenu, vous pouvez :

Paramétrer vos choix afin d'accepter uniquement les cookies liés à ces contenus tiers en cliquant sur « Paramétrer les cookies ». Vous pouvez à tout moment modifier vos choix et retirer votre consentement en cliquant sur « Paramétrage des cookies » figurant en bas de page de ce site.

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter notre politique de protection des données personnelles. Sans votre consentement, ce contenu ne peut pas être affiché

L'opinion encore "figée"

Le lourd tribut payé par les États-Unis est-il à même de pousser Donald Trump à revoir sa stratégie? C'est plutôt l'inverse qui se dessine. Pour chaque soldat tué, l'Iran payera "plusieurs fois" le prix, a menacé lundi Donald Trump sur Truth Social, alors que l'armée américaine poursuit ses frappes sur l'Iran.

Pour la spécialiste des États-Unis Ludivine Gilli, la mort de trois nouveaux soldats américains n'est pas encore "en mesure de peser sur l'opinion", en tout cas pas suffisamment pour contraindre Donald Trump à changer ses plans en Iran. Malgré la colère d'une large partie de l'Amérique, "le seuil de l'inacceptable n'est pas encore atteint", estime la chercheuse de la Fondation Jean-Jaurès, qui en veut pour preuve de récents sondages.

"Pour le moment, on a une situation au niveau de l'opinion qui est assez figée", constate-t-elle, alors que la guerre en Iran est de toute façon déjà largement impopulaire depuis plusieurs mois.

Selon un sondage YouGov publié le 14 juillet, seulement 27% des Américains pensent que déclarer la guerre à l'Iran était une bonne décision. Un chiffre qui tombe à 5% chez les démocrates et 13% chez les indépendants. Une majorité de républicains (63%) continue cependant de se tenir derrière leur président.

La situation pourrait toutefois empirer dans les prochaines semaines. "Si on voit les cercueils s'accumuler au fil des jours, ça va devenir un problème pour l'administration", avance Ludivine Gilli. Mais si le nombre de morts reste limité, "c'est surtout les conséquences économiques de la guerre qui pourraient davantage peser sur Donald Trump, dans la mesure où il a été élu avant tout sur ce sujet de l'inflation".

"C'est comme ça"

Si de nombreux Américains estiment que la guerre déclenchée par Donald Trump met inutilement en danger les soldats américains, c'est aussi le manque d'empathie affiché par le président qui dérange outre-Atlantique.

Depuis le début de la guerre, le chef de l'État met systématiquement en balance la perte de vies humaines avec ses objectifs de guerre en Iran, observe CNN. Interrogé lundi sur la mort des trois soldats, Donald Trump a montré peu de compassion. "Nous sommes profondément attristés, mais vous savez, ces grands patriotes se battent sur le terrain pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire", a-t-il déclaré.

"Pas une once de respect, d'empathie ou de souci pour les troupes qui meurent sous son commandement. Il s'en fiche simplement", a réagi sur X Fred Wellman, candidat démocrate aux prochaines élections législatives dans le Missouri.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.

Prix des billets, arbitre refusé, ingérence de Donald Trump: le Mondial-2026 de football est-il le plus controversé de l’histoire?

24:11

Donald Trump avait tenu des propos similaires début mars. "Il faut s'attendre à des pertes, mais au final, ce sera une excellente chose pour le monde", avait-il déclaré à NBC News, alors que trois soldats venaient de perdre la vie. "Malheureusement, il y en aura probablement d'autres avant que cela ne se termine, a-t-il ajouté dans une allocution, avant de lâcher, fataliste: "c'est comme ça".

Dans un pays où les vétérans sont vénérés, ce détachement pourrait-il froisser la base de Donald Trump? "Jusqu'à présent, ça n'a pas été le cas", constate la spécialiste des États-Unis Ludivine Gilli.

Sur le même sujet

Lors du retour des premiers corps de soldats américains tombés au Moyen-Orient, début mars, le président américain avait été vivement critiqué pour avoir arboré une casquette siglée "USA". Un couvre-chef - en vente sur son site internet - qu'il a retiré, quelques jours plus tard, pour le retour des corps de six soldats tués dans le crash d'un avion de ravitaillement.

  • DIRECT. Guerre au Moyen-Orient: Donald Trump affirme que les États-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran

  • Un homme bientôt marié, une soldate de 19 ans... Qui étaient les deux soldats américains tués dans les frappes iraniennes?

  • Pour des "raisons de sécurité": Air France prolonge la suspension de ses vols vers Dubaï et Ryad