« Nous allons déposer une plainte », affirme l’avocate de Barbara Butch après le concert interrompu à Grenoble
Un concert de la DJ Barbara Butch a été interrompu samedi soir à Grenoble après que des militants propalestiniens ont perturbé sa performance à la suite d’un appel au boycott soutenu par LFI, déclenchant des accusations d’antisémitisme.
Ce mercredi, l’avocate de Barbara Butch s’est exprimée sur BFMTV, affirmant qu’une plainte serait déposée : « Nous sommes en étroite collaboration avec le procureur de la République de Grenoble. Nous avons une communication à bâtons rompus. Evidemment, nous allons déposer une plainte pour ces faits entre ses mains. »
La DJ Barbara Butch s’est dit mercredi « toujours en état de choc » après l’interruption de son concert à Grenoble le week-end dernier par des militants propalestiniens, mais assure qu’elle sera bien aux platines, « avec panache », lors d’un festival dans l’Yonne samedi.
« Je suis toujours en état de choc », a-t-elle déclaré sur BFMTV. « Je ne m’attendais pas à une telle violence », a-t-elle ajouté.
Samedi soir, son concert à Grenoble a été interrompu en raison d’une action de militants propalestiniens et LFI répondant à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise des Insoumis.
A la question de savoir si elle constate une montée de l’antisémitisme en France, Barbara Butch a répondu par l’affirmative : « On le voit, (…) depuis trois ans. Là, on a atteint vraiment un climax sur ce sujet ».
Son avocate Audrey Msellati, présente sur le plateau, a confirmé que des plaintes étaient en préparation et que leur « teneur » serait dévoilée « dès demain », jeudi.
La DJ a été reçue mercredi matin par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, qui lui affirmé sa volonté de protéger son « intégrité ».
La ministre « a tenu à redire à Barbara Butch qu’elle était extrêmement attentive à son travail d’artiste et que son rôle était de protéger ses conditions d’expression en tant qu’artiste et d’assurer l’intégrité de son oeuvre et de sa personne », a indiqué le ministère à l’AFP.
L’artiste de 45 ans, qui a indiqué être sous protection – mais « pas policière », a-t-elle souligné –, sera aux platines samedi soir à Saint-Martin-du-Tertre, un village de l’Yonne, dans le cadre d’un festival organisé par une association locale, Le Hameau. Il s’agit de sa dernière date prévue cet été.
« Bien sûr, je vais m’y rendre, avec toujours le même panache, la même fierté, de diffuser encore des messages de paix, d’amour, d’espoir », a-t-elle dit sur BFMTV. « Je ne cèderai pas à cette peur qu’on essaie de me faire ressentir ».
Sécurité renforcée
Plus tôt dans la journée, Aurore Bergé, invitée sur RMC, a jugé que Barbara Butch « a été chassée de scène parce qu’elle est juive ». « Ils mettent des cibles dans le dos des Français juifs depuis le 7 octobre 2023 », a poursuivi la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, mettant en cause La France insoumise et assurant que l’Etat allait « garantir (la) sécurité » de l’artiste.
Interrogé par l’AFP, Fabrice Paris, président du Hameau, tient à maintenir la prestation de la DJ. « On va se contenter de renforcer le dispositif de sécurité, en accord avec la préfecture », a-t-il relevé.
Il a souligné s’être entretenu avec l’organisation locale de LFI, qui lui a assuré n’avoir appelé qu’à boycotter le concert et « non à un acte physique » contre Barbara Butch. Le tract de LFI évoque seulement « un boycott » du concert.
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Paul-Antoine de Carville, maire LR de Sens (Yonne), dont l’agglomération englobe Saint-Martin-du-Tertre, s’est dit « extrêmement choqué par cet antisémitisme décomplexé, sous couvert de défense de la cause palestinienne ». « LFI n’est définitivement plus un parti républicain », a-t-il ajouté dans un message transmis à l’AFP.
Après les perturbations survenues lors du concert à Grenoble, la justice a ouvert mardi une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés ».
La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants insoumis était « mauvais » et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais « il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs », a-t-elle insisté.
Figure des nuits parisiennes LGBT+, avec un univers musical électro-disco joyeux, Barbara Butch avait déjà été ciblée par un cyberharcèlement mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme après sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO-2024.