La contrast therapy est-elle utile pour les sportifs du dimanche ?
Fiona Bonassin
Publié le 11/10/2026 à 08h02 • Mis à jour le 11/10/2026 à 08h02
L'essentiel
- La contrast therapy, qui consiste à alterner sauna à 90 °C et immersion dans une eau à 2 °C, est devenue une tendance bien-être dans les grandes villes, notamment à Paris, attirant non seulement des sportifs mais aussi des personnes en quête de déconnexion.
- Pour les sportifs de haut niveau, cette méthode d’alternance thermique permet de « diminuer les douleurs musculaires après l’effort » et de « récupérer plus rapidement » selon la médecin du sport Victoria Tchaikovski.
- Pour les sportifs amateurs qui s’entraînent modérément, la contrast therapy relève davantage du bien-être que de l’optimisation des performances.
Depuis quelques semaines dans les grandes villes et notamment à Paris, impossible d’échapper à la nouvelle obsession bien-être. La contrast therapy s’affiche partout. Sauna à 90 °C suivi d’une immersion dans une eau à 2 °C, douches qui passent brutalement du chaud au froid… Cette méthode d’alternance thermique est devenue la tendance pour bien récupérer des efforts.
Si les sportifs professionnels l’utilisent depuis longtemps, aujourd’hui elle séduit aussi les amateurs. Pour les sportifs du dimanche, ceux qui courent trois fois par semaine ou fréquentent quelques cours de Pilates, est-ce réellement utile ?
« J’ai pleuré la première fois que j’ai testé »
En cette soirée d’automne, il est 18h45 quand une dizaine de Parisiens se presse chez Contrast, une des adresses qui propose de la contrast therapy dans la capitale. Pendant plus d’une heure, ils vont enchaîner entre la chaleur extrême et l’eau glacée. Sans téléphone, l’idée est de s’éloigner de la routine, se concentrer sur sa respiration et ses ressentis. « Quand je parle de l’expérience je mets surtout la déconnexion en valeur, plus que la partie récupération, explique Alix Odendahl, cofondatrice du club. En passant par la chaleur extrême et ensuite par le froid tu dois te concentrer et oublier les pensées envahissantes du quotidien. Il faut venir ici pour vraiment déconnecter et faire une pause dans le quotidien. » juge celle qui travaillait avant dans la publicité.
Selon elle, « on devient vite accro à cette sensation de lâcher prise ». A en croire les clients du soir, la boss des lieux à raison, tous sont déjà venus depuis l’ouverture il y a un mois. « J’ai pleuré la première fois que j’ai testé » confie Salomé, la professeure du jour et qui aidera l’équipe à profiter de l’expérience. « J’ai tellement aimé ma première thérapie de contraste que j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu qu’on pouvait devenir professeur » termine-t-elle. Si on imaginait qu’on allait croiser beaucoup de sportifs, il n’en est finalement rien. « Evidemment on a des sportifs qui préparent un évènement et veulent bien récupérer. Mais on a aussi des gens du quartier et des travailleurs. Par contre on ne s’attendait pas à ça, mais les gens viennent aussi pour rencontrer d’autres personnes. » termine Alix Odendahl.
Objectif : la performance ou le bien-être ?
Pour les sportifs de haut niveau, la contrast therapy est utile à condition de rester raisonnable. La chaleur provoque l’élargissement des vaisseaux, tandis que le froid entraîne une vasoconstriction (ils se resserrent). Le sang serait ainsi mieux drainé, les déchets métaboliques plus facilement évacués, et les nutriments mieux apportés aux muscles endommagés. « L’enchaînement du chaud et du froid va diminuer les douleurs musculaires après l’effort, explique la médecin du sport Victoria Tchaikovski qui ajoute, qu’on va avoir la sensation de récupérer plus rapidement. Mais attention, il ne faut pas aller dans des bains froids trop souvent », tempère la spécialiste. Si les techniques de récupération sont très tendances en ce moment c’est en lien avec l’augmentation de la pratique sportive. Les coureurs par exemple sont à la recherche de solution pour améliorer leur performance.
Autre point important : la plupart des études ont été menées sur des sportifs entraînés, parfois de haut niveau. Chez les amateurs, dont les charges d’entraînement sont bien plus faibles, les bénéfices attendus sont forcément plus limités. Pour les sportifs occasionnels, la contrast therapy « va plus se classer dans la catégorie du bien-être que dans la réelle optimisation de la pratique sportive. Parce que quelqu’un qui court deux fois par semaine aura une sensation de bien-être, mais je ne crois pas que cela puisse améliorer sa pratique ou ses performances. » explique Victoria Tchaikovski qui juge tout de même, « que si on a le temps et qu’on a la possibilité on peut faire des séances. Il n’y a pas tellement de risque, ça peut faire du bien et une pause dans la journée. »
Le sauna, ce sont les Finlandais comme Carita Harju, fondatrice de Sauna from Finland qui en parlent le mieux : « Le contraste doit être agréable et non une performance. Pour certaines personnes, une seule séance suffit ; d’autres en apprécient plusieurs. Mon conseil est toujours le même, écoutez votre corps. Le sauna n’est pas une compétition ! ».