Obsèques d'Igor et Grichka Bogdanov perturbées : "Ils ont dépassé les limites", leur sœur Véronique révèle pourquoi "la sécurité a dû intervenir"
Plus de quatre ans après la disparition des jumeaux les plus célèbres du PAF, le deuil reste toujours aussi difficile pour leurs proches. Décédés à seulement six jours d'intervalle à l'hôpital européen Georges-Pompidou, emportés par le Covid-19 entre fin 2021 et début 2022, Igor et Grichka Bogdanoff laissaient derrière eux un vide immense et une plaie difficile à refermer pour leur sœur Véronique.
Dans un ouvrage à paraître le 13 août prochain, intitulé Igor et Grichka – Chroniques de notre fratrie heureuse, celle-ci lève le voile sur l'envers du décor entourant les deux anciens animateurs. Dans un entretien accordé à Voici, elle a accepté de revenir sur la mort soudaine des deux frères, mais surtout sur leurs funérailles "chaotiques". En effet, à en croire son récit, le dernier adieu aux scientifiques stars s'est rapidement transformé en un véritable défi logistique.
Deuil intime et ferveur publique, des funérailles devenues "surréalistes"
Organiser les obsèques de deux personnalités aussi emblématiques relevait du challenge émotionnel pour la famille. D'un côté, le besoin vital de se recueillir dans la dignité. De l'autre, la vague d'émotion nationale suscitée par la perte de ces vulgarisateurs hors norme. Un équilibre particulièrement "compliqué à porter" au quotidien pour la fratrie.
Véronique Bogdanoff, aujourd'hui sophrologue et artiste peintre, garde un souvenir amer de cette journée où la France entière a voulu dire au revoir au duo. Les obsèques, voulues accessibles au plus grand nombre, ont rapidement pris une tournure inattendue face à l'affluence : "On est au cœur de la douceur, l'amour, de la fraternité, de la fratrie. On est dans le sentiment, on est dans la famille. Et puis la France entière veut savoir, est aussi dans la tristesse de perdre ces deux jumeaux célèbres, qui avaient surtout juré l’immortalité", confie-t-elle à Voici, qualifiant cet événement de purement "surréaliste".
Si la générosité des anonymes a d'abord réchauffé le cœur de la famille, l'ambiance recueillie a subitement laissé place à des comportements beaucoup plus intrusifs, poussant les organisateurs dans leurs retranchements.
Dérapages, smartphones et intervention de la sécurité en pleine cérémonie pour les frères Bogdanoff
La frontière entre la sympathie du public et le voyeurisme s'est avérée bien fragile à en croire la sœur d’Igor et Grichka Bogdanoff. Ouverte à tous, la cérémonie a rapidement attiré des passionnés parfois débordés par leur propre ferveur. C'est ainsi que la solennité du moment a laissé place à des scènes frôlant le manque de respect envers les proches endeuillés.
La sœur des jumeaux déplore aujourd'hui ouvertement ces écarts de conduite : "C’était ouvert au public et c'était merveilleux. C'était chouette que les gens viennent se recueillir auprès des frères Bogdanoff, mais il y en a qui ont dépassé des limites", révèle-t-elle à Voici.
Parmi ces dérapages, la comédienne et auteure garde le souvenir d'une scène surprenante d'incivilité en plein cœur du deuil. Une admiratrice l'a prise directement pour cible avec son téléphone : "Je me suis retrouvée avec une femme qui s'est placée face à moi et qui m'a filmée, et qui essayait de tenir le plus longtemps possible."
Outre les vidéos intempestives tournées à quelques centimètres des visages de la famille, la situation est devenue hors de contrôle autour de la chapelle ardente. Plusieurs personnes ont en effet tenté de s'approcher au plus près des dépouilles. "Il y en a qui se ruaient sur leur cercueil pour déposer des objets. La sécurité a dû très vite intervenir, et après ça s'est bien passé", assure Véronique Bogdanoff.
Les derniers instants d'un duo inséparable jusqu'au bout
Bien loin de la cohue de l'église, les derniers moments vécus par la sœur des jumeaux à l'hôpital européen Georges-Pompidou avaient pourtant été très simples et paisibles selon son récit. De quoi contraster avec l'onde de choc qui a suivi dans les médias dès l'annonce de leur disparition.
Elle garde en effet en mémoire cette atmosphère de fin de vie, entourée des siens : "J’ai vécu ce départ de manière différente, c'est-à-dire qu'au début, il y a le choc des soins, du lieu dans lequel vous vous trouvez, dans lequel ils sont. Ensuite, il y a eu beaucoup de calme et d'amour et de douceur autour de leur départ, d'apaisement. Et ça vient consoler aussi ceux qui tiennent la main."
Mais une fois la porte de la chambre franchie, la réalité a rattrapé tout le monde. "Tout le monde a été surpris, personne ne savait. Donc ça a explosé dans le paysage audiovisuel français, et ça a été très bouleversant, très chaotique", reconnait la sœur d’Igor et Grichka Bogdanof.
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