« On a toujours voulu devenir danseuses pro, ça a toujours été une évidence » : ces deux sœurs hyéroises partent danser à l’international

« On a toujours voulu devenir danseuses pro, ça a toujours été une évidence » : ces deux sœurs hyéroises partent danser à l’international

« Très vite, on a voulu devenir danseuses pro. Ça a toujours été une évidence. Pour nous, on pouvait rien faire d’autre que ça. »

Le ton est donné. Depuis petites, Léonie, la cadette, et Zoé, l’aînée, ont une certitude : elles vivront de leur passion, la danse contemporaine. Un parcours très sélectif qui pousse les deux sœurs hyéroises à rejoindre l’Allemagne et les Pays-Bas à la rentrée.

Léonie : On a commencé à cinq et six ans le classique et le modern-jazz au Studio Danse Passion. En troisième, on a toutes les deux passé l’audition pour rejoindre l’École nationale supérieure de danse de Marseille en sport-étude. Avec le recul, ce n’était pas rien de partir si tôt de chez nos parents. Le rythme était très intense.

On avait de grosses journées de cours puis danse tous les soirs, tous les mercredis et vendredis après-midis jusqu’à 19 heures ainsi que le samedi matin. Mais ces quatres années nous ont ouvert des portes, on ne serait jamais allées aux Pays-Bas sans être passées par Marseille.

Quelles études avez-vous ou allez-vous faire ?

Zoé, l’aînée, va rejoindre un an une compagnie de danse contemporaine à Brême en Allemagne.
Zoé, l’aînée, va rejoindre un an une compagnie de danse contemporaine à Brême en Allemagne.
TOM HERBOTS

Zoé : En parallèle d’une année de psycho, j’ai passé des auditions pour des écoles supérieures de danse contemporaine. J’ai intégré il y a deux ans « Codarts » à Rotterdam. À la rentrée, je termine mon bachelor dans une compagnie à Brême, en Allemagne, pour un stage d’un an. Ça ne va pas être facile mais si ça se passe bien, ils peuvent me proposer un contrat pour la suite.

Léonie : Cette année, j’ai passé des auditions et, à côté, j’ai contribué à pas mal de projets, comme des courts-métrages ou des clips. Ça permet de se rémunérer tout en se faisant connaître. Au final, j’ai été prise dans une autre école de danse contemporaine, Artez. En septembre, je m’installe pour trois ans à Arnhem, toujours au Pays-Bas.

"J’ai vraiment appris ce qu’était la danse avec eux", témoigne Cécile Martinez, directrice de l’Institut des arts inclusifs-Adapei

Pourquoi les Pays-Bas ?

Léonie : En France, il y a des conservatoires, mais pas vraiment d’école de danse contemporaine. Partir à l’étranger, ça t’ouvre au monde. Et surtout, le contemporain se développe beaucoup dans le nord de l’Europe. Et le plus important pour nous, c’est d’aller là où il y a le plus de compagnies et d’opportunités pour danser. Quand tu arrives aux Pays-Bas, on te traite vraiment comme une pro !

C’est dur ?

Léonie : La danse, c’est très sélectif. Cette année, j'ai passé des auditions aux quatre coins de l’Europe. T’arrives avec ton sac à dos, tu paies hyper cher l’hôtel, le transport... Tout ça pour te faire rejeter après une heure de danse par une école. À l’inverse du classique, le contemporain ne se joue pas qu’à la performance. C’est super subjectif. On nous apprend à ne rien trop prendre personnellement.

Partager le même rêve, c’est une force ?

Léonie : Dans les repas de famille, à l’école, il y a une comparaison immédiate, surtout pour la cadette. On est contentes de ne pas faire la même école de danse. Aujourd’hui, on voit le bon côté : on est hyper fusionnelles, on s’entraide beaucoup, on se fait des retours parfois un peu trash mais sincères. On réalise la chance inouïe qu’on a d’essayer de vivre du même art.

Votre rêve ?

Léonie : Être danseuse contemporaine dans une compagnie que j’aime et découvrir le monde grâce à ma passion. Le défi, c’est de trouver une certaine stabilité dans un milieu déjà instable.

Zoé : Cette année, j’ai compris que le plus important était d’aller dans un endroit où je me sens bien. On rêve toutes au début des grandes compagnies, mais il y a beaucoup de pression. Mais je rêve toujours de tourner à l’international.