"On pourrait croire à un gag" : les climatiseurs promis par le gouvernement pendant la canicule sont enfin arrivés à l’hôpital mais impossible de les brancher !

"On pourrait croire à un gag" : les climatiseurs promis par le gouvernement pendant la canicule sont enfin arrivés à l’hôpital mais impossible de les brancher !

La canicule n'épargne personne, ni les malades, ni le personnel hospitalier. Selon une enquête du Comité pour le développement durable en santé (C2DS), réalisée à la suite des épisodes de canicule de juin et du début du mois de juillet, plus d'un tiers (36,7 %) des professionnels de santé interrogés rapportent avoir travaillé dans des locaux où la température atteignait entre 31 et 40 °C.

Sans surprise, la classe politique s'est rapidement emparée du sujet le plus brûlant de l'été. Un peu comme aux enchères, chacun a voulu faire mieux que son voisin. Ainsi,

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a fait livrer 50 climatiseurs mobiles à un hôpital de Seine-Saint-Denis. Quant à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il a fièrement pris la pose aux côtés de trois unités offertes à l’hôpital de Vienne (Isère).

L'État promet 30 000 climatiseurs aux hopitaux

À noter que ces initiatives régionales sont à distinguer de celle lancée par l'État. Fin juin, le Premier ministre annonçait la commande de 30 000 appareils afin de répondre à cette situation d'urgence dans les hôpitaux du pays.

Aujourd'hui, plus de la moitié de ces climatiseurs auraient été livrés aux établissements de santé, selon le ministère de la Santé. Dans une note, ce dernier précise que chaque hôpital a dû acheter lui-même ses climatiseurs via une centrale d'achat avant d'être remboursé par l'État.

Un hôpital © shutterstock

En juin, l'État a promis de livrer 30 000 climatiseurs mobiles aux hôpitaux français pour faire face aux canicules. Aujourd'hui, plus de la moitié de ces climatiseurs auraient été livrés, selon le ministère de la Santé.

Équipés des mauvaises prises, les climatiseurs reçus par le centre hospitalier d'Avesnes-sur-Helpe ne peuvent pas être branchés

Ces appareils donnent-ils entière satisfaction aux hôpitaux ? Pour le savoir, encore faudrait-il pouvoir les brancher ! Comme le rapporte La Dépêche, "il y a quelques jours, le centre hospitalier d'Avesnes-sur-Helpe a réceptionné une vingtaine d'appareils s'inscrivant dans cette initiative nationale". Problème, et non des moindres : les climatiseurs mobiles pris en charge par l'État étaient totalement inutilisables en l'état.

Chaque climatiseur est arrivé équipé d'une prise électrique italienne à trois broches alignées, incompatible avec les prises françaises. Impossible, donc, de les brancher directement sur le réseau électrique de l'hôpital.

L'intérieur d'un hôpital © Shutterstock

Le fournisseur a livré des climatiseurs équipés de prises électriques italiennes à trois broches alignées. Impossible, donc, de les brancher directement sur le réseau électrique de l'hôpital.

Une erreur qui fait grincer des dents

Pour permettre à tous de bénéficier enfin d'un peu de fraîcheur, la direction n'a eu d'autre choix que de trouver une solution en urgence. Renvoyer ces appareils aurait prolongé une attente déjà difficile à supporter. "Il y avait deux solutions. Soit on mettait des adaptateurs partout dans l'hôpital, soit on changeait les fiches des appareils. La direction a logiquement choisi la deuxième solution. Cela a été fait très rapidement. Il y a eu une belle réactivité", a expliqué Jean-Sébastien Pain, représentant syndical FO au centre hospitalier d'Avesnes-sur-Helpe, auprès de La Voix du Nord.

Si le problème a été rapidement résolu, cet épisode a laissé un goût amer aux équipes. "Ce qui interroge, c'est la considération apportée au personnel soignant de la part de l'État. On pourrait croire à un gag", a regretté Jean-Sébastien Pain.