« On se sent tout petit quand on voit ça » : des abonnés de Nice-Matin ont visité en exclusivité les coulisses de l’autoroute A8, à l’intérieur d’un viaduc emblématique
C’est une visite qu’on ne fait pas tous les jours. Et pour cause : les abonnés de Nice-Matin qui ont pu pénétrer, samedi 19 septembre 2026, dans le caisson situé sous le bitume du viaduc de Cabrolles, sont les toutes premières personnes à y avoir mis les pieds, en dehors des techniciens de Vinci Autoroutes.
La société autoroutière a exceptionnellement ouvert les portes des coulisses de l’A8. Et pas à n’importe quel endroit. Long de 120 mètres et perché à 50 mètres au-dessus du sol, à Menton, le viaduc de Cabrolles a fait l’objet, il y a près d’un an et demi, d’un vaste chantier technique particulièrement complexe.
Fin 2022, les services de Vinci Autoroutes ont démarré un chantier XXL d’élargissement de la bretelle d’entrée sur l’autoroute A8 en direction de Nice, pour faire passer la voie d’insertion de 90 à 330 mètres. Un chantier aussi ambitieux que technique car il a fallu dans un premier temps déplacer la route départementale accolée, puis repositionner la bretelle d’insertion de l’échangeur et, enfin, procéder à l’élargissement du viaduc.
Pour y parvenir, une nouvelle charpente métallique a été acheminée sur site, avant que ses différentes sections ne soient assemblées sur un terrain situé à proximité. Elles ont ensuite été installées sur le viaduc à l’aide d’une grue.
La pose des dalles préfabriquées, le clavage — c’est-à-dire la jonction entre le tablier existant et son élargissement — puis la mise en place des dispositifs de retenue et des joints de chaussée ont constitué les dernières étapes de cette opération hors normes.
« C’est le génie français ! »
Photo M. R. / Nice-Matin
« Il y a près de 10 000 véhicules qui ciruclent tous les jours sur cette partie de l’autoroute. Ouvrir nos infrastructures à des personnes du public, c’est une manière pour nous de leur permettre de mieux comprendre cet ouvrage. Quand on roule dessus, on n’imagine pas toute la complexité de ce qui se trouve en dessous », a expliqué sur place Vinci Autoroutes.
Nos abonnés ont pu aussi découvrir la notion de précontrainte additionnelle, indispensable pour améliorer la résistance et la durée de vie de l’ouvrage. Cette technique consiste à mettre en place des câbles en acier dans des gaines, et de les tendre avant ou après coulage du béton. De manière à compenser les forces de traction auxquelles le béton est soumis.
« On se sent tout petit quand on voit ça, commentent des abonnées à la sortie du caisson. Ce qui est épatant, c’est de découvrir que malgré les délais et les contraintes, ces ingénieurs et ouvriers arrivent à obtenir un résultat comme celui-là, c’est fascinant, c’est le génie français ! »
Avant de conclure, dans un sourire : « En Belgique, les autoroutes sont gratuites, mais elles sont de moins bonne qualité. »