« On va continuer jusqu’à avoir du changement » : paroles de lycéens lors de l’acte V de la mobilisation à Paris
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« Ça montre un État malade au niveau de l’éducation ». Voilà comment réagit Alexis, élève de terminale à Cergy Pontoise Kastler qui manifeste mardi 13 octobre, lorsqu’on lui demande sa réaction aux annonces du gouvernement en réponse au mouvement lycéen. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a en effet annoncé l’ouverture d’une plateforme baptisée Agora censée recueillir le constat des lycéens sur les « difficultés » qu’ils rencontrent et leur demander ce qui devrait « changer pour mieux apprendre et mieux vivre » leur scolarité. « C’est quelque chose qui a été créé pour se donner une bonne image », déplore Maelan, élève au lycée Pauline-Roland dans le Val-de-Marne, qui critique la superficialité du projet. Pour lui, « c’est comme s’il y avait un échange entre l’État et les élèves alors que pas du tout ».
Les lycéens rappellent aussi que d’autres dispositifs similaires avaient déjà été mis en place par le passé « avec les gilets jaunes et les agriculteurs » pour « montrer qu’ils nous écoutent » sans satisfaire leurs revendications, regrette Nejma élève au lycée Camille Claudel de Palaiseau dans l’Essonne.
Le locataire de la rue de Grenelle a également annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées les plus en difficulté et le recrutement de 1000 enseignants contractuels supplémentaires. Une mesure qui apporte plus de questions que de réponses selon les lycéens interrogés par « le Nouvel Obs » : « Pourquoi ça n’a pas été fait plus tôt ? Pourquoi attendre qu’on se mobilise ? ». Certains s’interrogent aussi sur l’attractivité du métier de professeur lui-même et demandent une « revalorisation du métier », comme l’assure Nejma. Pour elle, cela serait possible par une « augmentation des salaires » des enseignants.
Après des milliers de postes supprimés sous les mandats d’Emmanuel Macron, Alexis, casque au cou suivant le cortège, s’interroge aussi sur ce rétropédalage : « Pourquoi en remettre d’un coup ? »
Dans son discours du 7 octobre 2026, avant les mesures d’urgence cité plus tôt, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que des « décisions du gouvernement (seraient) présentées à la fin du mois d’octobre ». Certains élèves voient dans cette déclaration du Premier ministre la volonté « d’étouffer » le mouvement et la preuve que le gouvernement pari sur un essoufflement des mobilisations. Mais les élèves de nombreux établissements ne comptent pas arrêter leur bataille de sitôt : « Dans notre lycée, on va continuer jusqu’à avoir du changement », assure Aminata, élève de l’établissement Louise Michel de la Seine Saint-Denis, venue manifester avec de nombreux camarades.
Par Le Nouvel Obs