« Paradise » : la critique d’un film sur le quotidien des brouteurs

« Paradise » : la critique d’un film sur le quotidien des brouteurs

Jérémy Comte signe un film au sujet ô combien d’actualité : les brouteurs qui arnaquent des victimes innocentes sur les réseaux sociaux en leur promettant l’amour.

Le synopsis :

Avant qu’il ne disparaisse au large des côtes ghanéennes, le père de Kojo avait pourtant bien dit à son gamin de ne pas fréquenter ces mauvaises graines de brouteurs. Las ! Devenu grand, Kojo se fait passer pour un quadra bien sous tous rapports afin de soutirer de l’argent à des femmes esseulées. Chantal, mère célibataire québécoise, est l’une d’elles. Mais quand elle vide le compte de son fils pour aider un amoureux hypothétique, le jeune floué décide d’aller sur place confronter l’escroc…

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La critique de Paris Match (3/5)

Sur un sujet brûlant d’actualité (les fameux brouteurs) et propice aux ricanements sur les réseaux sociaux, Jérémy Comte tente une réflexion en creux sur la quête d’identité inhérente à l’absence du père. Comme c’est son premier long-métrage, il a un peu de mal à rendre sa sauce homogène. Mais la longue enquête minutieuse menée en amont au Ghana avec son coscénariste Will Niava ajoutée à un rigoureux travail d’écriture sauve un récit dénué de clichés. Et c’est parce que « Paradise » privilégie la nuance au jugement que le film interpelle et questionne. D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, il n’y a pas de bons ou de méchants. Il n’y a que des êtres humains victimes de leur misère et/ou sociale.

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Jérémy Comte, qui malgré son jeune âge (35 ans) a lui-même été piégé deux fois, démontre ainsi un humanisme à tous crins, ne l’empêchant pas (ou plus) d’affronter la réalité et de la balancer toute crue sur l’écran, prenant toutefois soin de maîtriser autant qu’il peut la mise en scène. En clair, le gars fait du cinéma et promet d’en avoir sous le pied. La dernière fois qu’on a ressenti une telle ferveur chez un jeune cinéaste québécois, c’était en 1998 à travers « Un 32 août sur Terre » d’un certain Denis Villeneuve…

De Jérémy Comte.
Avec Daniel Atsu Ukporti Adjorble, Joey Boivin-Desmeules, Evelyne de la Chenelière…

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