Paris FC - OL : le déplacement des supporters lyonnais validé in extremis, sous très haute surveillance - Sport.fr

Paris FC - OL : le déplacement des supporters lyonnais validé in extremis, sous très haute surveillance - Sport.fr

Jeudi encore, tout semblait bouclé dans le mauvais sens. Selon Le Parisien, le ministère de l’Intérieur s’apprêtait à interdire purement et simplement le déplacement des supporters de l’OL pour la réception du Paris FC, ce samedi (20h45) à Jean-Bouin. Coup de théâtre à moins de 24 heures du coup d’envoi : l’arrêté n’a finalement jamais vu le jour.

C’est acté depuis vendredi matin : cinq cars de supporters lyonnais feront bien le déplacement jusqu’à la capitale, mais dans un cadre extrêmement resserré. Pas question ici de laisser filer une colonne de bus façon marée humaine — la jauge, initialement espérée à une quinzaine de véhicules par certains groupes de supporters, a été divisée par trois.

Un classement qui ne doit rien au hasard

La rencontre a été classée 4 sur 5 par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). Un niveau de risque qui s’explique moins par l’affiche du jour — un choc entre deux équipes du haut de tableau — que par une histoire commune particulièrement lourde entre les deux clubs. Il y a près de cinq ans, un match de Coupe de France entre les mêmes adversaires avait dû être interrompu en raison de violences dans les tribunes, offrant la victoire sur tapis vert au Paris FC. Un chauffeur de bus aurait même été soupçonné, à l’époque, d’avoir servi de complice à des ultras parisiens pour tendre un guet-apens aux supporters lyonnais. Autant dire que les autorités n’abordent pas ce dossier avec légèreté, d’autant que Jean-Bouin se trouve à quelques mètres à peine du Parc des Princes, antre du PSG.

Le passif qui pèse sur les tribunes lyonnaises

Difficile d’évoquer la sécurité autour de l’OL sans rappeler un contexte plus ancien, et plus sombre. Le stade lyonnais — Gerland hier, le Groupama Stadium aujourd’hui — reste associé depuis les années 1990 à la présence de groupuscules radicaux dans certains secteurs des tribunes, un passif documenté à plusieurs reprises. Les Bad Gones, groupe historique fondé en 1987, ont ainsi été plusieurs fois cités par la presse pour leurs accointances supposées avec des mouvances d’extrême droite, sans qu’aucune condamnation ne vise le groupe en tant que tel. Un autre collectif, la Mezza Lyon, a en revanche fait l’objet de poursuites judiciaires visant certains de ses membres pour des faits à caractère raciste, avec des condamnations prononcées ces dernières années.

Ce climat s’est encore tendu en interne : en octobre 2024, des affrontements avaient éclaté au Groupama Stadium entre les Bad Gones et un groupe rival plus récent, se revendiquant inclusif, faisant plusieurs blessés. Le club avait alors prononcé une série d’interdictions de stade.

Une rencontre sous très haute tension

Pour ce Paris FC-OL, rien n’indique cependant une mobilisation ciblée de ces franges radicales. Le risque redouté par les autorités tient avant tout à la rivalité entre ultras des deux clubs, pas à un enjeu idéologique particulier. Reste que dans ce climat électrique, la moindre étincelle peut suffire — les précédents sont là pour le rappeler. Cinq bus, une escorte renforcée, et des regards braqués sur Jean-Bouin : le dossier est loin d’être clos, il ne fait, en réalité, que commencer.