Paris. Près de 60 morts en 2026 : « explosion des overdoses » mortelles, qui ont doublé en un an

Paris. Près de 60 morts en 2026 : « explosion des overdoses » mortelles, qui ont doublé en un an

Le nombre d'overdoses mortelles a doublé en un an à Paris, un phénomène « particulièrement alarmant », a déclaré à l'AFP la procureure Laure Beccuau. « Le constat que l'on fait est vraiment celui d'une explosion des overdoses sur la plaque parisienne », a déploré Laure Beccuau, appelant à une « prise de conscience » par les consommateurs de drogues.

« Pour l'année 2025, nous avions comptabilisé 30 overdoses mortelles. Cette année, au 28 septembre, nous en recensons déjà 59 ». Un chiffre amené à progresser rapidement, « plusieurs résultats d'analyses toxicologiques » étant en cours, a expliqué la magistrate Marion Py, référente overdoses à la section chargée de la lutte contre les stupéfiants au parquet de Paris.

« Toutes les catégories socio-professionnelles »

Les décès touchent un peu « Monsieur et Madame tout le monde » et la drogue se trouve désormais « très facilement », souligne auprès de l'AFP le commissaire divisionnaire Guillaume Batigne, chef de la brigade des stupéfiants à la préfecture de police. En 2026, les victimes sont âgées de 16 à 54 ans. « Toutes les catégories socio-professionnelles sont désormais représentées », et de « tous âges », note Marion Py.

Les contextes de consommation sont « très variés » : seul chez soi, à l'hôtel, chez des amis, à une fête, mais aussi lors de soirées « chemsex », avec la consommation de stupéfiants à plusieurs dans le but d'avoir des relations sexuelles. La moitié des overdoses mortelles implique de la cocaïne, souvent prise avec d'autres produits comme des drogues de synthèse, selon Marion Py.

Parmi les raisons expliquant cette hausse des overdoses figurent l'apparition de nouvelles drogues de synthèse, qui sont « toujours plus dangereuses pour la santé du fait de leurs mélanges et dont on ne connaît pas du tout les dosages » et qui s'accompagne souvent d'une « polyconsommation », avec la prise de « cocktails de substances », souligne Marion Py. Une consommation facilitée par « le développement très rapide sur la plaque parisienne, ces dernières années, de centrales d'appel : le consommateur, où qu'il soit, peut contacter quelqu'un pour se faire livrer des stupéfiants divers et variés », explique-t-elle.