Patrick Bruel : à l’Isle-sur-la-Sorgue, “ni coupables, ni complices” ? Son hôtel pourrait changer de nom

Patrick Bruel : à l’Isle-sur-la-Sorgue, “ni coupables, ni complices” ? Son hôtel pourrait changer de nom

Rien ne va plus pour l'enfant chéri de la chanson française dans son havre de paix provençal. Après l'onde de choc provoquée par sa mise en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, Patrick Bruel voit les répercussions de l'affaire ébranler directement la paisible commune de L’Isle-sur-la-Sorgue. Dans ce fief du Vaucluse où le chanteur possède un magnifique domaine oléicole et un hôtel cinq étoiles ouvert depuis moins d'un an, la situation a des répercussions négatives sur les habitants. Annulations de réservations, inquiétudes économiques pour les nombreux salariés et grogne citoyenne, la population se retrouve bien malgré elle au centre d'un tourbillon médiatique embarrassant.

Un palace sous pression et des employés au cœur de la tempête

En bordure de Sorgue, l'hôtel de luxe L'Isle de Léos, dont les nuitées s'échelonnent entre 300 et 1 400 euros, essuie les premiers plâtres de cette tempête médiatico-judiciaire. Si l'établissement parvient encore à afficher complet le week-end, la polémique fait grincer des dents et pousse certains clients à annuler leur séjour, tandis que d'autres s’accrochent à une neutralité stricte. Au micro de France 3 ICI Provence-Alpes, un client résume l'état d'esprit général : "Nous, on vise les prestations et la qualité du service rendu".

Pour les cent employés du complexe, l'heure est surtout à la préservation de leur outil de travail. Présent depuis quinze ans dans la région avec sa production de vin et d'huile d’olive, le chanteur est un acteur économique majeur de cette ville de 22 000 habitants. Une situation délicate qui préoccupe fortement le maire DVD, Pierre Gonzalvez : "J’ai confiance en la justice et j'entends les paroles des victimes. L'hôtel représente une activité économique importante pour la commune. Cent personnes y travaillent et je suis inquiet pour elles". Sur le terrain, un salarié interrogé hors caméra refuse quant à lui de laisser le scandale gâcher son quotidien professionnel : "Nous, on vient ici pour travailler. Ce n’est pas comme si on avait le choix de travailler ailleurs. On n'est pas inquiet. L'Isle-sur-la-Sorgue, c'est devenu un tourisme de masse. Il y a toujours du monde".

Un changement de nom symbolique réclamé par les habitants impactés par l’affaire Patrick Bruel

Mais pour une partie des riverains et des militants locaux, la pilule a bien du mal à passer. Très actif dans la région, un collectif citoyen baptisé Pep's soutient ouvertement les plaignantes et se félicite de l'avancée des poursuites judiciaires. Pour tourner la page sans sacrifier les emplois locaux, une idée radicale commence donc à faire son chemin : rebaptiser l'établissement pour effacer toute référence au propriétaire du domaine.

Nathalie, membre du collectif Pep's, plaide en effet pour cette transition forte comme le note Horticulture Abadie Pyrénées : "Un symbole. C'est extrêmement lié à Patrick Bruel puisqu'on sait que ce sont les deux syllabes du début des prénoms de ses enfants. Même pour eux, ce n’est pas très sympa. Mais bon globalement, ça serait déjà quelque chose. Histoire que l'activité puisse continuer mais sans porter la marque directement liée à Bruel". Tornade judiciaire d'un côté, enjeux touristiques de l'autre : à L’Isle-sur-la-Sorgue, chacun tente désormais de préserver l'image et l’économie du village pour éviter que la réputation de cette perle provençale ne finisse totalement entachée.