Pénétrations, coups et attouchements : un intervenant en maternelle mis en examen pour des violences sexuelles sur 22 très jeunes enfants
Un enseignant de 31 ans, intervenant en anglais dans une école maternelle privée de Paris, a été mis en examen et écroué jeudi 24 septembre pour viols et agressions sexuelles sur 22 enfants. Les faits, survenus entre septembre 2025 et juin 2026, ont été signalés par la directrice après une plainte parentale. L’enquête est en cours.
Un homme de 31 ans, intervenant en anglais dans une école maternelle privée parisienne, a été mis en examen et écroué jeudi, soupçonné de viol, agression sexuelle et violence sur 22 enfants. "Yasser G., âgé de 31 ans, inconnu de la justice, a été employé par une société de cours d’anglais et est intervenu dans cette école de septembre 2025 au 23 juin 2026, date à laquelle il a été suspendu de ses fonctions", a précisé le parquet.
Le mis en examen ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés, a réagi auprès de l’AFP son avocat, Maître Philippe Benamou. "Il faut des charges consistantes pour soutenir de telles accusations, que la défense va désormais s’employer à dissiper", a-t-il ajouté.
L’homme intervenait au sein de l’école privée Saint-Laurent, dans le Xe arrondissement de Paris, selon une source proche du dossier. Il s’agit d’un établissement catholique privé sous contrat d’association avec l’État. Il avait été interpellé mardi, puis placé en garde à vue. Présenté à un juge jeudi, il a été dans la foulée placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet, a précisé ce dernier. C’est désormais un juge d’instruction qui va conduire l’enquête.
Plus d’une vingtaine d’enfants entendus
Du côté des victimes présumées, "les 22 enfants entendus, nés entre 2020 et 2022, et leurs représentants légaux" ont évoqué "devant les enquêteurs des injures, des cris, des coups, des attouchements sur les fesses et le sexe, des pénétrations digitales de la part du professeur", a indiqué le parquet.
Le 23 juin 2026, la directrice de l’école avait signalé au procureur "le dépôt de plainte du père d’une fillette au sujet de son professeur d’anglais". À cette date, la section du parquet de Paris en charge des mineurs a saisi le commissariat du 10e arrondissement de la centralisation des plaintes, avant leur transmission à la Brigade de protection des mineurs (BPM), selon le parquet. La chef de l’établissement a par ailleurs ajouté "que les parents d’une autre fillette avaient demandé à la rencontrer en mai 2026 pour évoquer les éléments d’inquiétude de plusieurs parents au sujet de cet enseignant".
Dans un article du Parisien, de nombreux parents d’élèves ont dénoncé une réaction tardive de la direction de l’établissement. Le 22 mai, la directrice aurait ainsi adressé un email aux parents demandant l’extension des cours d’anglais de Cap English au mercredi. Conséquence : les enfants auraient eu environ trois heures supplémentaires avec l’enseignant entre le 11 mai et la fin de l’année scolaire.
"Légèreté blâmable"
La société CapEnglish, employeur de l’intervenant au moment des faits dénoncés, avait expliqué mardi dans un communiqué qu'"un de ses anciens intervenants dans une école privée située à Paris a été mis en cause pour des faits graves relevant, semble-t-il, du code pénal". Avant d’ajouter : "Il a été immédiatement écarté de toute intervention auprès des élèves à titre conservatoire dès que la cheffe d’établissement a informé CapEnglish des faits reprochés".
CapEnglish "tient à préciser que, lors de son recrutement et avant toute intervention auprès des élèves, les vérifications prévues dans le cadre de ses procédures […] avaient été effectuées, sans qu’aucun élément porté à sa connaissance ne fasse alors obstacle à son intervention auprès de mineurs". CapEnglish "se tient pleinement à la disposition des enquêteurs et, plus largement, des autorités compétentes" : elle "leur apportera toute sa coopération et communiquera, dans le respect du cadre".
"Cette affaire n’a pas été gérée en interne comme elle aurait due. Au drame humain s’ajoute la légèreté blâmable de responsables manifestement inconséquents", avait réagi jeudi, avant la mise en examen, Maître Antonin Gravelin-Rodriguez, avocat de plusieurs parents d’élèves. "Nous veillerons à ce que la lumière soit faite sur les dysfonctionnements institutionnels et à ce que toutes les responsabilités qui doivent l’être soient engagées", a-t-il ajouté.