Jugé pour agressions sexuelles, un animateur frappé d’amnésie mais « regrette »
20 Minutes avec AFP
Publié le 31/08/2026 à 21h38 • Mis à jour le 31/08/2026 à 22h10
Michaël M., 38 ans, était jugé lundi pour des agressions sexuelles visant neuf enfants âgés de 6 à 9 ans, commises entre septembre 2022 et janvier 2024 dans une école primaire du 15e arrondissement de Paris. Cinq ans de prison dont au moins un ferme ont été requis contre l'animateur. La décision a été mise en délibéré au 15 septembre.
A la barre, le prévenu a reconnu les faits tout en affirmant ne presque plus en avoir de souvenirs. « Je suis désolé de tout ce que j’ai fait, je demande pardon à toutes les victimes et leurs familles. Je regrette énormément tout ce qui s’est passé », a-t-il déclaré. Interrogé sur les faits précis, il a répété : « je ne me souviens pas », « je l’ignore » ou encore « je ne me l’explique pas ».
Une affaire qui remonte à 2024
L’affaire avait débuté le 12 janvier 2024 avec la plainte de la mère d’une fillette de 6 ans, qui avait raconté que l’animateur lui avait « touché les fesses » à deux reprises. L’enquête a ensuite permis d’identifier d’autres victimes présumées, plusieurs fillettes ayant décrit des attouchements sur les fesses ou le sexe, notamment dans le préau ou lors d’une sortie scolaire.
Le président du tribunal a relevé un « mode opératoire » souvent similaire, tandis que les déclarations des enfants ont, pour la plupart, été jugées « vraisemblables » ou sans signe d’« affabulation » par les experts. Confronté à la photo d’une victime présumée, Michaël M. a répondu : « ça me dit vaguement quelque chose », avant d’ajouter à propos des faits : « ça ne me rappelle rien ».
« Il ne se souvient plus »
« Vous reconnaissez les faits mais vous ne vous souvenez pas. Vous comprenez que ça peut poser problème ? », lui a demandé Me Constance Dewavrin. Le prévenu a répondu : « Je ne remets pas en doute la parole des enfants. Si elles le disent, c’est que ça a dû arriver. Par contre, je ne peux pas inventer des souvenirs que je n’ai pas. » Le père d’une victime présumée a estimé que « quand on lui pose des questions précises qui peuvent l’incriminer, il ne se souvient plus ».
Notre dossier sur les agressions sexuelles
Ce procès est le quatrième concernant un animateur depuis le mois de mai dans le scandale qui touche le périscolaire parisien, après une condamnation et deux relaxes. Depuis le début de 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes », un nombre traduisant un caractère « systémique », selon le maire de Paris Emmanuel Grégoire.