'Peut-être qu’il fallait changer d’équipe' : Cyril Saugrain évoque le nouveau palier atteint par Evenepoel sur le Tour de France - RTBF Actus

'Peut-être qu’il fallait changer d’équipe' : Cyril Saugrain évoque le nouveau palier atteint par Evenepoel sur le Tour de France - RTBF Actus

Un combat entre hommes forts et spécialistes de la dernière ligne droite, quel dénouement sur les Champs-Élysées dimanche. C’est finalement Mathieu van der Poel qui a résisté à un peloton réglé par… Jasper Philipsen. "Oui et de manière magistrale, à la Mathieu Van Der Poel, on a envie de dire. Ce circuit des Champs-Élysées avec la rue Lepic, c’est quand même un circuit extraordinaire. Et il ne va sacrer que des champions. Wout van Aert, l’an passé, et Mathieu Van Der Poel qui réalise un exploit de toute beauté, un sprint énorme. Je dirais même conclue à merveille finalement avec Philipsen qui vient permettre à cette équipe de faire 1 et 2 sur l’arrivée des Champs-Elysées. Mais quelle intensité dans le final" souligne Cyril Saugrain.

S’il termine finalement 30e de l’étape, Tadej Pogacar a été un grand des animateurs. C’est le seul à avoir pu suivre VDP dans la dernière ascension de Montmartre. "Cela veut dire qu’il y a encore de la fraîcheur dans ses jambes. Il est encore capable d’aller à la bagarre, là où seuls les purs puncheurs, les spécialistes des classiques essaient d’y aller. L’année dernière, c’est encore lui qui livre le spectacle. Là, ici, il est là, alors qu’il est à l’orée de son cinquième Tour de France en sept participations. Et les deux autres, il les a terminés sur le podium à la deuxième place. Bon, ben voilà, un champion d’exception. Quel bonheur de pouvoir commenter le cyclisme comme ça. C’est le cyclisme qu’on aime, du Mathieu Van Der Poel, du Wout van Aert et du Tadej Pogacar" énumère l’ancien coureur professionnel.

Sans oublier un Remco Evenepoel impressionnant de régularité pour décrocher une 2e place finale. De quoi valider ses récents choix de carrière comme son changement d’équipe. "Il est venu chercher une expérience différente, un accompagnement différent pour préparer des échéances, des Grands Tours. Il était dans une équipe qui était tournée autour des classiques. Alors il a ses qualités pour les classiques, on le sait. Mais il voulait prouver et il l’a dit, ce sont ses rêves, gagner ces trois Grands Tours. Il a déjà gagné une Vuelta. Il a déjà terminé troisième, puis aujourd’hui deuxième du Tour de France. Il reste encore une marche et puis restera le Tour d’Italie. Ça fait partie des rêves qu’il a affirmés. Et pour cela, peut-être qu’il fallait changer d’équipe. En tous les cas, le pari est réussi" sourit notre spécialiste.

À 26 ans, Evenepoel continue de découvrir et d’apprendre. "C’est un bon début de saison pour Remco Evenepoel avec des bonnes surprises comme celle du Tour des Flandres et surtout un Tour de France plein. On s’est posé des questions, il faut être transparent, dans les premières étapes de montagne. On voyait un Remco Evenepoel qui n’était pas en mesure de suivre les accélérations. Peut-être la reprise de la compétition. Ça, ça fera partie des enseignements qu’il tirera, à mon avis, pour le futur, pour ne plus perdre ces quelques minutes en début de Tour. Sa forme a été crescendo plus on avançait sur le Tour, glisse Cyril Saugrain avant de se projeter. Si le week-end prochain, on le retrouve au top de sa forme sur la Clasica San Sebastian, forcément, ce sera un enseignement. Il pourra se dire qu’il peut aborder le Tour avec une condition peut-être encore un peu meilleure pour être dès les premiers jours au contact des meilleurs et ne pas perdre les quelques secondes ou minutes qu’il a pu perdre avant. Cela lui permettra de rester dans le jeu sur trois semaines et jouer peut-être la victoire l’année prochaine sur les routes du Tour ou sur un autre Grand Tour."

Notre compatriote n’attend sans doute que de confirmer ce ressenti.