« Plus de contact, aucune réponse à mes mails » : la première adjointe de Peymeinade définitivement évincée de ses fonctions, elle contre-attaque et annonce un recours en justice
Salle comble et chaises manquantes. Mercredi soir, le public a pris d’assaut la salle du conseil municipal, s’attendant à un affrontement direct et verbal entre la maire, Brigitte Vidal, et sa première adjointe. Ils en ont été pour leurs frais.
Souffrante, Anne-Laure Tilli Degl’Innocenti-Hernandez était absente. Le duel n’a pas eu lieu, mais la tension était palpable.
L’ex-bras droit de la maire n’a pas gardé le silence pour autant. Elle a chargé Patrice Anacario, conseiller municipal d’opposition, de lire publiquement une lettre.
Dans cette longue diatribe, la 1re adjointe exprime sa stupéfaction. Elle cible le changement brutal d’attitude de Brigitte Vidal après son opération, début juillet. « Plus de contact, aucune réponse à mes mails », regrette l’élue évincée.
Le point de rupture survient le 28 juillet, lors d’un entretien. Brigitte Vidal exige alors sa démission, sur le fondement de « quelques rumeurs ».
Verrouillage numérique et soupçons de putsch
Face au refus de démissionner de son adjointe, la réplique de la première magistrate a été immédiate.
Selon la lettre, les cinq canaux de communication interne de la majorité ont été verrouillés.
Anne-Laure Tilli Degl’Innocenti-Hernandez estime que la maire la suspecte de vouloir lui ravir son siège. Une accusation qu’elle ne comprend pas, juste quatre mois après les élections de mars dernier.
L’élue s’étonne ouvertement que Brigitte Vidal l’ait choisie pour ce poste, si c’était pour s’en méfier si vite.
En guise de conclusion, elle annonce une riposte juridique : un recours sera introduit devant le tribunal administratif.
Photo Corinne Bottoni
L’opposition réclame le secret, la maire refuse
Le débat s’est ensuite déplacé sur la forme du vote. En début de séance, Mathieu Panciatici, conseiller d’opposition, a réclamé une suspension de séance de dix minutes à huis clos.
Son but : obtenir les réelles motivations de la maire. Il a également sollicité un vote à bulletin secret. Fin de non-recevoir de Brigitte Vidal. La maire a rétorqué s’être déjà largement expliquée dans la presse et sur sa page Facebook.
Elle a rappelé que le scrutin public était de règle, sauf si un tiers des membres réclamait le secret.
Les conditions n’étant pas réunies, le vote s’est déroulé à main levée. Le non-maintien d’Anne-Laure Tilli Degl’Innocenti-Hernandez dans ses fonctions a été officiellement entériné.
Et la première magistrate de déclarer : « Celui qui trahit croit parfois avoir gagné. Il ne découvre que plus tard, qu’en perdant la confiance des autres, il a également perdu son honneur. » La rupture est désormais totale.
Lettre ouverte de la majorité
À la suite de la séance, la majorité municipale a produit une lettre ouverte « pour répondre collectivement à des accusations profondément mensongères. »
Réaffirmant leur soutien « sans ambiguïté » à Brigitte Vidal, les élus assurent : « Chacun d’entre nous exerce son mandat en toute liberté, en toute conscience et dans le respect de ses convictions. »
C’est pour cela, justement, qu’ils ont accepté le vote à main levée : pour exprimer « sans la moindre ambiguïté » leur désaccord « avec la posture adoptée » par l’ex-1re adjointe.
La majorité unie assure que, depuis des mois, elle a « multiplié les démarches et les sollicitations insistantes auprès de plusieurs élus afin de tenter de constituer une majorité acquise à sa cause, avec pour objectif de remettre en question l’autorité et la légitimité de Mme le Maire. Nous avons constamment refusé de participer à cette entreprise de déstabilisation, qui s’apparentait davantage à une tentative de « putsch » politique - qu’à une démarche constructive au service de la commune. »
Avec cette éviction, la majorité, « libérée de ces tensions et de ces manœuvres permanentes » va pouvoir « retrouver la sérénité, la cohésion et la confiance indispensables à l’exercice de ses responsabilités. Notre priorité demeure Peymeinade. »