Plus de moyens pour les lycéens : y a-t-il « la place » dans le budget 2027 ?

Plus de moyens pour les lycéens : y a-t-il « la place » dans le budget 2027 ?

Le ministre de l’Économie Roland Lescure a dit mardi 6 octobre 2026 voir « de la place pour les urgences » dans le budget très contraint de 2027 pour répondre aux demandes de moyens des lycéens, à condition de préserver « les équilibres budgétaires ».

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Des milliers de lycéens, étudiants, parents ou syndicalistes ont manifesté mardi matin dans plusieurs villes de France, avant d’autres dans l’après-midi, pour l’« acte III » d’une mobilisation destinée à réclamer davantage d’enseignants et un plan d’urgence sur le bâti scolaire.

Mais le gouvernement rappelle son cadre budgétaire contraint, pour tenir la cible d’un déficit public à 5 % du produit intérieur brut qu’il s’est fixée pour 2027.

Plus de moyens, moins d’enseignants

L’Éducation nationale constitue le premier budget de l’État, en raison de son importante masse salariale.

Roland Lescure a rappelé que dans le projet de budget de son gouvernement, l’Éducation était « le deuxième budget » qui augmentait le plus, derrière celui de la Défense – sans compter les sommes consacrées au paiement des intérêts de la dette.

Le projet de loi de finances (PLF) prévoit de faire passer les crédits de la mission Enseignement scolaire de 89,6 milliards d’euros à 90,9 milliards, soit 1,4 % de plus, un peu moins que l’inflation de 1,8 % prévue par le gouvernement pour 2027.

Il prévoit notamment la création de 1.300 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), 304 postes médico-sociaux et 200 conseillers principaux d’éducation (CPE).

Le même budget supprime en revanche 1.588 postes d’enseignants, dont 836 dans les collèges et lycées publics, alors que 180.000 élèves de moins sont attendus à la rentrée 2027.

« Si on appliquait une stricte proportionnalité, nous devrions supprimer 9.600 postes », s’était justifié le ministère de l’Éducation début octobre.

Les crédits de l’enseignement public du second degré, qui financent collèges et lycées, ne progresseraient que de 0,7 %, contre 2,2 % pour le premier degré. Et le point d’indice des fonctionnaires, qui pèse pour beaucoup dans le salaire des enseignants, ne serait pas revalorisé en 2027.

Le bâti, compétence des régions

Jeudi soir, quelques heures après la présentation du projet de budget du gouvernement, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray avait retiré la mesure inflammable des droits d’inscription envisagés en BTS et en classes préparatoires pour les non-boursiers.

Interrogé sur un éventuel effort massif de rénovation des lycées dès 2027, Roland Lescure a rappelé que « l’immobilier des lycées, ce n’est pas l’État qui en a la responsabilité », mais les régions.

Plusieurs ministres devaient justement réunir mardi les présidents de région, qui assurent de leur côté avoir « beaucoup investi » ces dernières années.

L’État leur verse une dotation d’équipement scolaire de 661 millions d’euros, maintenue à ce niveau dans le projet de budget.

Fin août, les régions, par la voix de l’association Régions de France, reprochaient au gouvernement de « réduire les dotations aux régions ».

Dans une feuille de route adressée dimanche à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu a lancé « cinq chantiers » et promis de premières décisions d’ici fin octobre, avec leur financement et un calendrier.

Il a toutefois prévenu que les finances publiques obligeaient à des « engagements tenables ».

Pour Roland Lescure, les consultations en cours avec les lycéens doivent d’abord permettre de « bien comprendre quels sont leurs besoins et leurs demandes ».

Une plateforme en ligne ouverte jusqu’au 23 octobre est destinée à recueillir les « difficultés » et les « attentes » des élèves.