Politique. Le Parlement valide la nomination de François-Noël Buffet comme nouveau Défenseur des droits

Politique. Le Parlement valide la nomination de François-Noël Buffet comme nouveau Défenseur des droits

La nomination du sénateur LR François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron au poste de Défenseur des droits en remplacement Claire Hédon, a été entérinée ce mardi par les parlementaires, en dépit de la vive opposition du monde associatif.

La candidature de François-Noël Buffet, qui aurait pu être bloquée si les votes négatifs avaient représenté au moins 3/5e de l'ensemble des suffrages exprimés dans les commissions des lois du Sénat et de l'Assemblée nationale, a été approuvée par 43 voix contre 39, a annoncé la vice-présidente de la commission des Lois de l'Assemblée, Sandra Regol, soit au moins 50 voix.

Tôt mardi matin, une vingtaine de militants des associations Aides, Sidaction, SOS Racisme, Utopia 56, Act Up Paris, Le Revers de la Médaille, Accès au droit, Comede et InterLGBT ont déployé une banderole « Défenseur des droits, stop au naufrage démocratique » dans le jardin du Luxembourg, face au Sénat. Le sénateur de 62 ans, qui se réclame d'un « gaullisme social », est critiqué par la gauche, le monde associatif et syndical et jusque dans les rangs des agents du « DDD » pour ses positions jugées conservatrices.

« J'ai évolué sur un certain nombre de sujets »

L'ancien ministre auprès de Bruno Retailleau à l'Intérieur, et brièvement ministre chargé des Outre-mer, avait notamment manifesté contre la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe en 2013 et voté contre l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes en 2020 et 2021. Plus récemment, il s'est aussi prononcé pour diminuer ou réformer l'Aide médicale d'État pour les sans-papiers et s'est abstenu lors du vote pour la constitutionnalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Devant les députés le 15 juillet, celui qui a débuté sa carrière comme avocat au barreau de Lyon a affirmé avoir « évolué » sur « un certain nombre de sujets » sociétaux. « La vérité, elle n'a pas de couleur politique » et « le rôle du Défenseur des droits, c'est d'abord d'essayer d'appréhender cette vérité-là », s'est-il une nouvelle fois défendu mardi devant la commission des lois du Sénat.

François-Noël Buffet prend la succession de Claire Hédon, qui achève son mandat de six ans à la tête de cette autorité administrative indépendante. En juin, à un mois de l'échéance de son mandat, l'ex-journaliste et présidente du mouvement ATD Quart Monde, s'était alarmée des coups portés à tous les étages de l'État de droit, déplorant « une aggravation dans l'accès aux droits dans notre société, dans tous les domaines ».

Les réclamations reçues par le DDD, allant de la simple difficulté administrative aux cas de discriminations ou de menaces visant des lanceurs d'alerte, ont augmenté de 70% sous son mandat et devraient doubler pour s'élever à 200 000 saisines en 2026, contre 100 000 en 2020.