Pologne: montée du sentiment anti-ukrainien après l'attaque mortelle de l'abbaye de Jaroslaw

Pologne: montée du sentiment anti-ukrainien après l'attaque mortelle de l'abbaye de Jaroslaw

En Pologne, jeudi 24 septembre, une attaque au couteau a été perpétrée dans un couvent du sud-est du pays. Un prêtre est mort et quatre autres personnes ont été hospitalisées. Et l’identité de l’assaillant, un Ukrainien de 31 ans, a retenu l’attention de la presse polonaise et de l’opinion publique, attisant encore un peu plus la haine à l’égard des réfugiés ukrainiens dans les pays.

Publié le : 28/09/2026 - 00:03

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Avec notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat

Le crâne recouvert de bandages, un œil au beurre noir, le père Adrian a tenu dimanche 27 septembre sa première homélie depuis le drame dans le couvent des Sœurs bernardines de Jaroslaw. Il fait partie des victimes blessées lors de l'attaque au couteau survenue jeudi 24 septembre.

« Ici, j’aimerais vous demander de ne pas tenir pour responsable le peuple dont l’auteur des faits était originaire. Il ne s’agit des agissements que d’une seule personne, personne d’autre n’est coupable. Je vous demande donc de ne pas répondre au mal par le mal. »

Un message de tolérance et de bienveillance qui répond à la haine anti-ukrainienne attisée par le drame qui a secoué le pays.

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Parallèles et amalgames

Le parti d’extrême droite Confédération de la Couronne polonaise, mené par le sulfureux Grzegorz Braun, en a même profité pour dresser un parallèle entre l’incident et les massacres de Volhynie, durant lesquels les nationalistes ukrainiens rassemblaient les villageois polonais dans les églises pour les assassiner durant la Seconde Guerre mondiale. 

Une rhétorique qui inquiète Oleksandr Pestrykov, le coordinateur de la maison ukrainienne à Varsovie. « Un seul incident comme celui-ci suffit à convaincre nombre de personnes que les Ukrainiens représentent un danger, qu'ils sont capables de tuer, que certains prennent même du plaisir à tuer des Polonais. »

Sujet à de graves troubles psychiatriques, le suspect n’a toujours pas pu être interrogé sur ses motivations. Les faits se sont produits tôt jeudi matin au sein du Centre de culture et de formation chrétiennes de l'abbaye bénédictine de Jaroslaw dans le sud-est du pays, localité pittoresque située à une trentaine de kilomètres de la frontière avec l'Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un « crime horrible ». « Que justice soit faite », a-t-il écrit sur Facebook. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a assuré que l'homme serait « puni avec toute la sévérité de la loi polonaise ».

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