Pour 2027, Mélenchon tend toujours la main aux Écologistes (mais avec un ultimatum)

Pour 2027, Mélenchon tend toujours la main aux Écologistes (mais avec un ultimatum)

Le candidat de la France insoumise profite des hésitations de certains élus écologistes sur la candidature de Marine Tondelier pour tenter de rassembler autour de sa personne.

Par Jade Toussay avec AFP

Jean-Luc Melenchon, ici au Parc des Expositions à Paris le 19 juin 2026.

TELMO PINTO / NurPhoto via AFP

Jean-Luc Melenchon, ici au Parc des Expositions à Paris le 19 juin 2026.

L’offre tient toujours, mais elle a désormais une date de péremption. Jean-Luc Mélenchon a une nouvelle fois tendu la main aux Écologistes pour 2027, en leur proposant ce mercredi 22 juillet un accord « global et au carré » portant sur la présidentielle, les élections législatives qui suivront et les régionales de 2028. Mais « après l’heure, ce ne sera plus l’heure », met en garde le quadruple candidat à l’Élysée.

« Nous ne renonçons pas à une stratégie unitaire. Notre main tendue, c’est la “Nouvelle alliance populaire” », a répété le candidat insoumis dans une interview au média écologiste en ligne Reporterre. « L’offre que nous faisons est adressée au parti Les Écologistes lui-même, sur la base du programme de la Nupes », l’alliance de gauche de 2022, ajoute le fondateur de LFI.

« Si des Verts se mettent en mouvement pour faire cause commune avec nous, cela passera par un accord global et au carré sur la présidentielle, les législatives et les écorégionales de 2028 », précise encore le leader de la gauche radicale, en se projetant sur une victoire en 2027 et une mise en place rapide des « écorégions », qu’il souhaite voir remplacer les régions actuelles. Sous-entendant ainsi que les Écologistes qui soutiennent sa candidature bénéficieront de l’appui de LFI aux prochaines législatives.

Mais la proposition a une date d’expiration. « Nous avons encore deux ou trois mois à patienter (...) Après l’heure, ce ne sera plus l’heure », précise Jean-Luc Mélenchon.

Mélenchon entre séduction et pression sur les Écologistes

Le candidat à l’Élysée accentue ainsi sa pression sur les Écologistes alors qu’une candidature autonome de leur dirigeante Marine Tondelier se profile assez nettement… mais que dans le même temps, de plus en plus d’élus verts plaident pour des discussions avec les Insoumis. Sandrine Rousseau, opposante interne assumée, a qualifié cette très probable candidature de « délire » face à la multiplication des candidatures à gauche et à la poussée de l’extrême droite. La députée de Paris est l’une des rares écologistes à se positionner ouvertement pour discuter avec la France insoumise. Sous couvert d’anonymat, l’idée fait aussi son chemin chez certains de ses collègues.

Jean-Luc Mélenchon ne s’y trompe pas. Et insiste, dans cet entretien, sur sa volonté de faire des Écologistes ses partenaires privilégiés à gauche, alors qu’il a par exemple reçu le soutien des communistes en 2012 et 2017, mais qu’une nouvelle candidature de Fabien Roussel est maintenant actée, comme en 2022. « La social-démocratie et le communisme, qui formaient la gauche historique, se sont effondrés parce qu’ils n’ont plus d’autre logiciel que leur survie d’organisation », assure-t-il. « Les Verts sont les seuls capables d’avoir comme nous un programme et une perspective de société », dit-il encore.

Les derniers sondages placent l’Insoumis en tête des candidatures à gauche avec environ 15 % des intentions de vote, à quelques points seulement du second tour. Marine Tondelier est mesurée à moins de 5 %.