Étude italo-britannique : les poules en cage moins stressées que celles en liberté
Publié1. septembre 2026, 07:06
ÉlevagePour les poulets, rester en cage serait moins stressant
Une étude doute des bienfaits de la vie en liberté pour les pondeuses. Mais des chercheurs suisses contestent ses conclusions.


Voilà 34 ans que l'élevage des poules en batterie est interdit en Suisse, un des pays pionniers en la matière. Mais dans l'UE, 40% des pondeuses passent encore leur courte vie dans des cages aménagées. Ces dernières pourraient être interdites à leur tour. Sauf que la résistance des éleveurs est encore forte. Ils brandissent l'argument des prix pour le consommateur et, depuis peu... le bien-être des bêtes, note la «NZZ am Sonntag».
De fait, une étude menée en Grande-Bretagne par des chercheurs des universités de Padoue et d'Oxford a montré que la mortalité est plus élevée en plein air et en élevage au sol intérieur qu'en cage.
Les experts suisses balaient ces conclusions, tirées selon eux de données obsolètes et non pertinentes pour la Suisse. Cette surmortalité serait liée à la difficulté de passer d'un élevage en batterie à une exploitation à l'air libre. «N'importe qui peut gérer des cages; il suffit de vérifier le matériel. Mais l'élevage en plein air exige de l'expérience et du savoir-faire», déclare Sabine Gebhardt, chercheuse spécialisée dans le bien-être des poules pondeuses à l’Université de Berne. Parasites, prédateurs, agressivité des congénères: tout cela expose les poules au stress et demande une surveillance accrue de la part de l'éleveur.
Plus de liberté, plus d'émissions
Si les chercheurs s'accordent pour rejeter l'argument du bien-être, ils admettent une autre conclusion de l'étude italo-britannique: les cages constituent une meilleure formule sur le plan écologique. En cause: le besoin accru de nourriture pour des volatiles qui se déplacent plus. Ce qui veut aussi dire: davantage de déjections à traiter.
En savoir plus sur ce sujet
La vraie solution pour le bien-être animal et la planète, selon les experts? Réduire sa consommation d'œufs, pardi! Mais ce n'est pas du tout à l'ordre du jour en Suisse, manifestement. On en mange toujours plus: 1,9 milliard (209 par habitant) en 2025, soit 29% de plus que dix ans auparavant. Au point que la production suisse ne suffit plus: il a fallu en importer 700 millions l'an passé, dont beaucoup ont été pondus dans des cages.
Initiative en préparation
La question des émissions de gaz à effets de serre, de bien-être et de coût devraient s'inviter dans le débat sur l'initiative «Accès à l’extérieur pour tous les animaux». La récolte de signatures pour ce texte, défendu par des association de défense des bêtes telles que Tier im Recht ou Quatre pattes, devrait débuter cette année.

Arnaud Gallay (arg) est journaliste à 20 minutes depuis 2009. Ses sujets de prédilection: actu internationale, genre/sexualités, mobilité et faits divers.
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