"Pour lui, une femme qui ne veut pas coucher, c’est inadmissible" : l’étau se resserre sur le gourou du polyamour accusé de viols
Jorge Martins Correia est rejugé en appel par la cour d’assises d’appel de l’Aude pour des viols et agressions sexuelles au sein de la communauté de l’Athanor qu’il avait créée dans Montpellier.
Le procès en appel de Jorge Martins Correia, l’ancien gourou de la communauté sectaire de l’Athanor, à Montpellier, touche à sa fin à la cour d’assises de l’Aude et le quinquagénaire, condamné à 18 ans lors du premier procès, n’en démord pas. Il ne comprend toujours pas pourquoi plusieurs de ses anciens adeptes mais aussi des membres de sa famille l’accusent d’abus sexuels, sur fond de polyamour, la théorie fumeuse déployée par ce pseudo-thérapeute dans son cercle de fidèles qu’il abreuvait aussi de puissantes drogues, MDMA – poudre d’ecstasy – et LSD.
Il frappait le chien et levait la main sur ses enfants
"Je porte un chapeau un peu trop gros pour ma tête, il y a un effet boule de neige, une course à l’échalote contre moi", se défend-il maladroitement dans la tempête. Car les vents contraires continuent de souffler sur lui quand à la barre se succèdent celles qui le connaissent le mieux et dressent le portrait détestable et surtout inquiétant d’un grand manipulateur.
Une de ses filles d’abord, remise d’une dépression, qui raconte ce père qui, dès que son corps a changé, multipliait les comportements obscènes. "À chaque fois que je passais devant lui, il m’agrippait le cul et frappait mes fesses et puis il y avait les mains sur la cuisse, près du sexe", dit-elle. Il frappait le chien et levait la main sur ses enfants, affirme-t-elle, lui a fait boire de la vodka à 10 ans et lui a fait lire à la préadolescence 50 nuances de Grey et ses références érotiques et sadomasochistes, en lui demandant son avis. "Il mettait aussi des jeux de société liés au sexe et un godemiché sur la mezzanine où je passais des heures" soupire-t-elle encore. Cette Biterroise revient également sur son passage dans la communauté sectaire de l’Athanor montée par son père qui lui choisit alors ses amants.
Le jeu "imagine on viole un bébé"
Elle décrit aussi la philosophie de vie de l’accusé : "pour lui, une femme qui se refuse, c’est un outrage, elle a de la valeur si elle est pénétrable, si elle ne veut pas coucher, c’est inadmissible !", illustre-t-elle. Ou encore sa vertigineuse perversité quand il suggère comme "jeu", à l’Athanor, "imagine on viole un bébé". La cour, interloquée, lui demande des précisions. "Imaginer des choses illégales et tempérer", répond le témoin qui développe. "On viole un bébé, OK, il ne s’en souvient pas, s’il se souvient c’est l’expérience qu’il avait besoin de faire dans sa vie et on est coupable de rien. C’est comme pour une femme si elle se fait violer, c’est qu’elle en avait besoin."
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Son ex-femme, pétrie de culpabilité parce qu’elle a pu, un temps, aveuglée et sous emprise, participer à son entreprise de prédation sexuelle, l’enfonce aussi. "L’Athanor, c’est sa création avec des stages de libération émotionnelle et de la psycho-magie… Pendant cinq ans, 1 800 jours et 1 800 nuits, il m’a noyé dans ses paroles avec des mots et des coups", lance-t-elle, dans une colère contenue, elle qui confirme avoir été témoin du viol d’une adepte frappée et abusée. "Avec Correia, il n’y avait jamais de consentement, quand on est épuisé, il voit une petite fenêtre et il rentre. Il est incapable de reconnaître. Moi, je suis debout, parfois je chancelle, mais je continuerai à m’opposer à cet homme pour que ça ne se reproduise jamais." Verdict attendu ce jeudi.