Pourquoi la République dominicaine a interdit à la sélection haïtienne de football de jouer sur son territoire
La République dominicaine a interdit vendredi à la sélection de football d’Haïti, pays avec lequel elle partage l’île d’Hispaniola et entretient des relations tendues, de jouer sur son territoire. La veille, un incident avait eu lieu avant un match entre les deux voisins.
Publié le : 03/10/2026 - 13:49Modifié le : 03/10/2026 - 13:51
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Le « derby d’Hispaniola », considéré à hauts risques et encadré par un important dispositif policier, s’était déroulé sans autre incident et la dispersion s’est passée sans heurts. Le match, qui comptait pour la Ligue des Nations de la Concacaf, remporté 4-1 par Haïti, était le premier entre les deux pays en République dominicaine depuis 2013. Dans les tribunes, des centaines de drapeaux des deux pays ont cohabité dans une ambiance festive. Sauf que des incidents sont survenus avant la rencontre.
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Le gouvernement dominicain a rapidement réagi : « Le ministère des Sports interdit totalement que la sélection haïtienne de football joue dans les installations sportives dominicaines », a annoncé le ministre Kelvin Cruz. La veille, jour de match, des supporteurs haïtiens avaient tenté de forcer l’entrée de l’enceinte alors que tous les billets avaient été vendus. « Ce que nous avons vu hier à l’une des portes d’entrée du stade Félix Sánchez, une installation sportive qui a coûté des millions et des millions de pesos à l’État dominicain, est inacceptable », a-t-il indiqué. « Nous ne tolérons pas l’indiscipline, le manque de respect (…) Ce n’est pas le comportement qu’un public respectueux doit afficher », a-t-il encore ajouté, soulignant qu’il s’agissait d’une « décision ferme du ministère des Sports ».
Désormais, les sélections haïtiennes de football ne pourront donc plus utiliser les installations sportives de la République dominicaine pour recevoir leurs matchs. Le ministre dominicain des Sports a annoncé la nouvelle ce vendredi, un jour après la victoire de la sélection haïtienne de football face au pays voisin. Haïti ne disposant pas d’installations sportives conformes aux normes internationales, la Fédération haïtienne de football a, à plusieurs reprises, utilisé les infrastructures de la République dominicaine pour accueillir ses matchs.
Une célébration de but qui passe mal
Vendredi, au lendemain du match, l’incident et les propos de joueurs haïtiens ont suscité des critiques au sein de la population dominicaine. Sur les réseaux sociaux, de nombreux Dominicains n’ont pas apprécié la célébration du double buteur haïtien Wilson Isidor, qui a crié « Hispaniola, c’est Haïti ! Ici, c’est Haïti ! » après avoir marqué. « Les mots qu’il a prononcés n’étaient pas appropriés, compte tenu de la situation (politique) que connaissent les deux pays », a déclaré à l’AFP le président de la Fédération dominicaine de football (Fedofútbol), José Deschamps, par téléphone. Ce dernier a évoqué la possibilité de saisir les instances internationales du football. « Le moment venu, ce sera fait », a-t-il dit, sans donner plus de détails.
Immigrés et supporteurs haïtiens ayant traversé la frontière composaient la plus grande partie des quelque 25 000 spectateurs, le football étant bien plus populaire en Haïti qu’en République dominicaine, où l’on préfère le baseball. Le président dominicain Luis Abinader a fait de la lutte contre l’immigration haïtienne l’un de ses chevaux de bataille, faisant notamment construire un mur le long des 380 km de la frontière entre les deux pays. Rafles, présence de policiers dans les hôpitaux, contrôles… Il mène une politique de chasse aux clandestins, critiquée par des ONG mais qui lui vaut une grande popularité. L’immigration haïtienne est souvent accusée d’être à l’origine de la criminalité dans le pays. Plus de 265 000 Haïtiens ont été expulsés entre janvier et août 2026, selon les chiffres officiels.