Décryptage : Pourquoi les Bleues n'ont pas davantage touché les couloirs face à la Nouvelle-Zélande lors du premier match du WXV ?
Le soleil lyonnais a permis aux ailières des Bleues de ne pas trop se refroidir samedi, à Gerland, contre la Nouvelle-Zélande (défaite 14-28). Mais Léa Murie et Kelly Arbey n'ont pas eu beaucoup de munitions à se mettre sous la dent tant les Bleues ont eu du mal à toucher les couloirs. C'est dommage car les rares fois où elles l'ont fait, elles ont immédiatement mis à mal leurs adversaires, comme l'illustre l'essai de Pauline Bourdon Sansus, après le déboulé de Murie le long de la touche (36e).
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Trouver cette zone, « ce n'est pas toujours la clé, mais aujourd'hui c'en était une, admet le sélectionneur François Ratier. On a pris du temps pour se rendre dans ces couloirs ». La défense agressive des Black Ferns, avec les montées inversées pour couper les lignes de passe, est évidemment la première raison qui explique cette sous-exploitation des extérieurs. Mais elle n'est pas une excuse.
« On savait exactement où elles allaient monter, développe Ratier. On savait qu'elles rushaient sur les extérieurs. On avait une double verticalité qui devait nous permettre de contrer ce rush. On savait qu'on pouvait créer des 3 contre 2 dans les couloirs, très vite, en avançant. Après, il faut le faire... Les couloirs ne sont pas les seules zones à attaquer mais, contre cette équipe-là, c'était la zone fragile. Dès le début, les couloirs des quinze mètres étaient ouverts. Les Néo-Zélandaises avaient trois joueuses devant qui étaient totalement à la rue sur les replacements. Mais après, il faut l'exécuter. »
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Les repères communs encore balbutiants sont avancés pour justifier les nombreux ballons tombés, ces passes mal assurées ou tout simplement pas osées. « On a eu seulement deux semaines pour peaufiner notre jeu offensif, explique Lili Dezou, qui fêtait samedi sa première cape. Et malgré ça, on a quand même réussi à marquer un bel essai, qu'on avait travaillé toute la semaine. C'est vrai que si on arrive à être plus propres au niveau de nos mains, que nos cellules sont plus efficaces... On est toutes conscientes que les coups sur les extérieurs étaient là. »
« Vu qu'on n'a pas trouvé d'avancée sur ce jeu frontal, c'était très compliqué derrière d'envoyer les ballons »
Kelly Arbey, ailière des Bleues
La domination physique des Black Ferns sur la ligne de front a aussi entravé le plan de bataille tricolore. Sans avancée, difficile d'annihiler une « rush defense ». « On n'a pas assez trouvé les couloirs, parce qu'on n'a pas pu assez le faire », reconnaît Ratier. « Je pense qu'on a voulu se rassurer en y allant un peu frontal pour ensuite pouvoir jouer dans le dos et venir chercher les couloirs. Et vu qu'on n'a pas trouvé d'avancée sur ce jeu frontal, c'était très compliqué derrière d'envoyer les ballons », analyse Arbey.
« Aller chercher les couloirs, c'est une prise de risque qui doit être millimétrée. Et quand on est allés les chercher, le millimètre était un peu coincé »
François Ratier, sélectionneur des Bleues
Les Bleues l'ont répété, ce match face aux Néo-Zélandaises n'était que le premier d'une série de six, un brouillon à partir duquel elles sortiront des copies plus propres. « Essayer d'aller toucher un peu plus les couloirs, on sait que c'est la clé, insiste Léa Champon, plus discrète qu'à l'accoutumée dans cette zone qu'elle aime tant. Ça va être l'objectif de trouver la profondeur nécessaire et d'oser lâcher ces ballons vers les espaces au large. »
« À l'entraînement, on le valide. On l'a validé ici une ou deux fois aujourd'hui (samedi). Aller chercher les couloirs, c'est une prise de risque qui doit être millimétrée. Et quand on est allés les chercher, le millimètre était un peu coincé. Typiquement, avec plus de matches, on le validera davantage. Et là, on va les avoir ces matches (contre l'Australie le 19 septembre, le Canada, le 26, puis de nouveau la Nouvelle-Zélande, trois fois, les 17, 24 et 31 octobre). On va finir par lâcher ces coups-là et les réussir. »

(Capture d'écran/France Télévisions)
36e : sur l'action de l'essai aplati par Bourdon Sansus, la France est arrivée à contrecarrer la « rush defense » néo-zélandaise. Dezou (cercle) parvient à transmettre malgré la pression de Du Plessis. D'un step, Arbey parviendra à éliminer Paul qui monte en flèche. Elle profitera du double soutien de Jacquet et Murie dans les quinze mètres complètement désertés par les Black Ferns. Sur ce coup, la dextérité et la vitesse d'exécution des Bleues auront surpassé l'intense pressing néo-zélandais. Pour la seule et unique fois du match.