Présidentielle 2027. À Hénin-Beaumont, Marine Le Pen reprend la main et lance la « bataille de France »

Présidentielle 2027. À Hénin-Beaumont, Marine Le Pen reprend la main et lance la « bataille de France »

« Marine présidente ! » Dans la salle de l’Abbaye surchauffée, les militants du Rassemblement national (RN) ont vite retrouvé leurs classiques. Repliés dans cette salle municipale pour cause de météo menaçante, les supporters de Marine Le Pen ne boudent pas leur plaisir de voir la candidate et députée faire sa rentrée chez elle, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dans ce bassin minier qui vote massivement pour elle. Ici, elle n’a que des amis, même si certains dans la salle redoutent encore que son nom soit un frein pour la conquête de l’Élysée. « Le nom, c’est ça son problème. Le nom de son père », lâche Joachim, 63 ans, drapeau tricolore, sur l’épaule. « Il est temps qu’elle passe. Si elle ne passe pas, la France est foutue », affirme Daisy, qui espère que la victoire, sera « enfin » au rendez-vous en 2027.

Marine Le Pen, donnée archifavorite du premier tour de l’élection présidentielle par les sondeurs pour sa quatrième tentative, veut lancer ici, à Hénin-Beaumont, ce qu’elle appelle la « bataille de France ». Sa campagne, elle la veut concrète et sociale, pour parler à la France qu’elle a en face d’elle, qui connaît « le montant assommoir du ticket de caisse ». Elle se vante d’avoir été la première à avoir mis le pouvoir d’achat dans le débat. Et en ce dimanche de grisaille dans le Pas-de-Calais, elle fait le choix de parler du logement, « grand chantier du quinquennat ». Un thème qui coche plusieurs thématiques du parti d'extrême droite : le pouvoir d’achat, la préférence nationale, la sécurité, la lutte contre les normes et les contraintes mises en place par le « système ».

« C’est un sujet majeur pour vous, donc un sujet majeur pour moi », affirme Marine Le Pen, avec Jordan Bardella installé à sa droite, stoïque et l’air peu enthousiaste, auprès de l’ensemble des députés assis sur la scène, tous ceints de leur écharpe tricolore. L’image a pour but d’impressionner, de donner à voir une équipe prête à gouverner.

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Sur le logement, les grandes orientations de Marine Le Pen sont simples : supprimer tous les irritants. Suppression du DPE (diagnostic de performance énergétique), abrogation de la loi SRU qui oblige les maires à construire 20 % de logements sociaux, suppression de la loi ZAN (zéro artificialisation nette des sols), remplacement de MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro pour tous les travaux de rénovation, etc.

Les fondamentaux retrouvés

À l’applaudimètre, c’est l’expulsion des familles de délinquants des logements sociaux et la priorité nationale présentée comme « un droit naturel et juste » pour l’accès au logement ainsi que pour les aides personnelles au logement (APL) qui remportent le plus de succès. « Les Français sont prioritaires chez eux », assène-t-elle, reprenant l’un des thèmes favoris du parti nationaliste.

Sur ses terres, elle retrouve les fondamentaux du RN, assume son « engagement social » et parle de sentiment. « Ma démarche politique est un acte d’amour à notre peuple », dit-elle pour se démarquer de l’ensemble du personnel politique qui a gouverné le pays récemment. « Après 10 ans de Macron, après des années de Philippe et d’Attal, on ne fait plus une analyse mais une autopsie », cingle-t-elle. Elle réinstaure le clivage peuple et élite, quand Jordan Bardella revendiquait davantage la différence droite-gauche. Ce dernier, pourtant président du RN, n’a pas eu le droit à la parole. Il a tout de même été acclamé par les militants, qui ont chanté « Joyeux anniversaire » à son arrivée. À 31 ans, celui qui s’est rêvé candidat n’est manifestement plus en grâce. Marine Le Pen n’a en tout cas pas répété ce dimanche qu’elle le nommerait Premier ministre en cas de victoire.