Présidentielle 2027 : ce que proposent les candidats dans la lutte contre le trafic de drogue
l'essentiel À sept mois de l'élection présidentielle, la lutte contre les trafics de stupéfiants fait émerger des lignes de fracture nettes entre les principaux candidats : mesures d'exception et durcissement pénal à droite, ciblage des réseaux financiers et changement de politique sur le cannabis à gauche.
À sept mois de l’élection présidentielle, la lutte contre le narcotrafic – qui s’est profondément transformé et est devenu plus violent ces dernières années – sera l’un des thèmes forts de la campagne, alors que la législation anti-drogue a été récemment renforcée avec notamment la création du parquet anticriminalité organisée. Les propositions des principaux candidats opposent deux visions et deux choix : durcir l’arsenal pénal ou concentrer la répression sur les réseaux tout en modifiant la politique envers les consommateurs. Édouard Philippe (Horizons) pousse le curseur le plus loin dans l’exception.
Un "état d’urgence narco"
Le candidat d’Horizons propose un "état d’urgence narco", limité dans le temps et l’espace, pouvant permettre un recours ciblé à la reconnaissance faciale. Il veut aussi créer une "fiche S financière" pour les personnes condamnées pour narcotrafic, mobiliser la DGSI, mieux tracer les avoirs et durcir le traitement pénal des trafiquants et des mineurs impliqués.
Le candidat LR Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur – qui avait réalisé une campagne choc pour sensibiliser les consommateurs de drogue – défend un régime d’exception contre les trafics, avec un allongement de la détention provisoire, un durcissement des sanctions visant les mineurs et la possibilité de contrôler des quartiers. Le Rassemblement national reste sur une ligne de "tolérance zéro", avec peines planchers, répression accrue des consommateurs et opposition à toute légalisation du cannabis.
Légaliser le cannabis
À gauche, la priorité se déplace vers les têtes de réseaux et leurs finances. Raphaël Glucksmann (Place publique) défend davantage d’enquêteurs spécialisés, un renseignement criminel renforcé et de nouveaux outils contre le blanchiment. Il refuse de faire de l’emprisonnement des consommateurs une priorité.
Les Écologistes et La France insoumise vont plus loin sur le cannabis. Les premiers proposent sa légalisation encadrée et veulent concentrer la réponse pénale sur la criminalité organisée. LFI défend un monopole public de production et de vente, avec des recettes affectées à la prévention et aux addictions, tout en renforçant police et douanes pour remonter les filières.
Un terrain commun se dessine toutefois : frapper les réseaux au portefeuille. Saisies des avoirs, lutte contre le blanchiment et suivi des flux figurent dans plusieurs projets.