« Changer de système »… Le Maire se positionne dans la course à l’Élysée
20 Minutes avec AFP
Publié le 26/07/2026 à 06h05 • Mis à jour le 26/07/2026 à 06h05
Même s’il ne pose pas encore sa candidature explicitement, Bruno Le Maire regarde de plus en plus vers l’Élysée. L’ancien ministre de l’Economie fait en effet une fois de plus connaître son intérêt pour la présidentielle 2027.
Dans un entretien à La Tribune Dimanche, l’ancien locataire de Bercy (2017-2024) dit vouloir « changer de système » et pas seulement le « réformer », jugeant la France engluée dans une « crise de régime larvée ».
Le Maire prône « la rupture »
« Notre modèle est en bout de course. Il ne produit plus les résultats que les Français sont en droit d’attendre, ni pour leur économie, ni pour leur sécurité au quotidien, ni pour l’éducation de leurs enfants. Je le dis avec force : les expédients ne suffiront plus. Il est temps de construire une autre France », exhorte-t-il.
Eloigné depuis deux ans des fonctions politiques, il esquisse les contours d’un programme pour la présidentielle, prônant « la rupture » et « la construction d’un autre modèle », sans pour autant officialiser une candidature. « Mon rôle sera justement de porter ce choix. Jusqu’où ? L’avenir le dira », élude-t-il.
Les candidats se bousculent au centre et à droite
Alors que plusieurs candidats occupent l’espace central et de droite, comme Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, l’ancien ministre d’Emmanuel Macron fait valoir sa « différence » : « je veux changer de système, pas réformer le système ! Trente années d’expérience m’ont amené à cette conclusion simple : les réformes sont insuffisantes, le changement structurel est nécessaire ». Parmi ses propositions, il suggère que le chef de l’Etat reste en surplomb, à « définir où il veut emmener la France, pas gouverner à la place du gouvernement ».
« Je vois trois priorités : la première est de redonner de la prospérité à un peuple français en appauvrissement accéléré depuis des décennies. Le travail doit payer et les entreprises doivent être libérées », détaille-t-il. « La deuxième priorité est de rétablir l’autorité de l’État : la même règle doit être appliquée partout, pour tous, tout le temps. La peur doit changer de camp ». Quant à « la troisième, c’est l’Allemagne. Il n’y a qu’avec elle que nous pourrons construire une Europe capable de résister aux puissances chinoise et américaine », appuie l’ancien candidat à la primaire de la droite en 2016.
Un retour politique raté
Interrogé par ailleurs sur sa conception du modèle social, il juge qu’il doit se cantonner à « un filet de sécurité, pas un open bar ». « La réponse est donc dans le travail pour tous, pas dans de nouvelles aides. La protection doit être réservée exclusivement aux plus fragiles ».
Notre dossier sur la Présidentielle 2027
Bruno Le Maire était brièvement revenu au gouvernement à l’automne 2025, lors du vaudeville ayant conduit à la chute en douze heures de l’équipe Lecornu 1. Nommé aux Armées, il avait cristallisé les récriminations, ses contempteurs lui faisant endosser le dérapage des finances publiques, en n’ayant pas su fermer le robinet après le Covid-19.