Prime au vice, pourquoi la vertu ne fait pas vendre
La fast-fashion a des impacts environnementaux, sociaux et économiques désastreux. Il existe, pour les entreprises, un avantage économique évident à mal faire, c'est ce qu'on appelle la "prime au vice". Pourquoi et comment mettre fin à celle-ci ?
La fast-fashion tue, pollue, empoisonne
L’industrie textile est l’une des industries les plus polluantes au monde. Elle est responsable de 4 à 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (environ 4 milliards de tonnes d’équivalent CO2), soit autant, si ce n’est plus, que l’aviation (ADEME), et pourrait atteindre jusqu’à 26% en 2050 si le modèle ne change pas. L’arrivée de la fast-fashion, de l’ultra fast-fashion et de l’ultra low-cost ne cesse de dégrader les conditions de travail de celles et ceux qui fabriquent les vêtements et d’augmenter l’impact environnemental du secteur.
En vingt ans, en France, la consommation de vêtements a doublé. Rien qu’entre 2018 et 2025, le nombre de vêtements mis sur le marché en France a explosé de +24%.
En parallèle de cette surproduction et surconsommation, le modèle hyper agressif de la fast-fashion a impacté nos usines, nos emplois, notre industrie… L’industrie textile française a perdu près de 300 000 emplois depuis 1990, tandis que les délocalisations massives ont précarisé des générations de travailleur et travailleuses européen·nes (Oxfam).
La "prime au vice"
Depuis la fin des années 1990, la fast-fashion a radicalement transformé la filière. Elle délocalise, fabrique des vêtements à prix dérisoires, avec des matières synthétiques transformées à l’aide de produits chimiques, dans des pays à bas salaires et dans des conditions de travail terribles, et renouvelle très vite les collections pour inciter à la consommation.
Plutôt que le plus juste et le plus durable, on récompense dans ce système le moins cher, le plus rapide et le plus agressif. C'est ce qu'on appelle la "prime au vice".
Et face à ce constat, seules les lois peuvent corriger cette "prime au vice". Car comme le dit notre invitée Julia Faure, "tant qu'il n'y a pas des lois restrictives, le comportement naturel des entreprises sera toujours de faire pire".