Procès Aramburu: l'avocat de Le Priol dénonce un dossier «pollué» par la focalisation sur l'ultradroite

Procès Aramburu: l'avocat de Le Priol dénonce un dossier «pollué» par la focalisation sur l'ultradroite

La parole à la défense, au procès de l’assassinat en 2022 de l’ex-rugbyman argentin Federico Aramburu. La cour a notamment entendu les conseils de Loïk Le Priol, l’auteur des tirs mortels, poursuivi pour assassinat, contre lequel 27 ans de prison ont été requis. Ses avocats ont dénoncé un dossier « pollué » par la focalisation sur l’appartenance de Loïk Le Priol à l’ultradroite.

Publié le : 24/09/2026 - 23:42

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De notre envoyée spéciale à la cour d'assises de Paris, Laura Martel

« Dès le premier jour, on lutte déjà face au rouleau compresseur du traitement médiatique », déplore Me Nogueras. Soit la description de « Loïk Le Priol comme un suprémaciste blanc », qui immédiatement enclenche « la narration d’un crime fasciste », dit-il, « un drame pour la défense, car quand on injecte de l’idéologie dans un crime, on enlève la sérénité nécessaire pour le voir de manière rationnelle », détaille l’avocat, qui rappelle qu’aucune dimension raciste n’a été retenue dans cette affaire.

Pour lui, cette « pollution » a eu deux graves conséquences : « contaminer » le récit de certains témoins, utilisés par l’avocat général pour établir la préméditation et l’intention de tuer que Loïk Le Priol conteste vigoureusement, et rendre sa défense inaudible.

« Loïk Le Priol demande que vous entendiez qu'il s'est défendu »

Depuis son interrogatoire, Loïk Le Priol ne parle plus de légitime défense. « Légitime » semblerait sous-entendre « un renversement accusatoire », glisse Me Nogueras. « Or quand Federico Aramburu se jette sur lui, il a raison de le faire, car pour lui, Loïk Le Priol est une menace », pointe l’avocat, « mais Loïk, lui, ne sait pas que le rugbyman est déjà blessé », il prend des coups et sort son arme « parce que sur le moment, il sent qu’il ne peut pas faire autrement », estime-t-il. Et Me Nogueras de conclure : « Loïk Le Priol ne vous demande pas de l’acquitter, mais que vous entendiez qu’il s’est défendu. »

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Son second conseil Me Baert rappelle ensuite que l’un des experts psychiatres, le docteur Zagury a estimé (à la différence de deux confrères auteurs d’une contre-expertise) que le syndrome post-traumatique diagnostiqué à Loïk Le Priol en 2015 pouvait avoir « légèrement » altéré son discernement au moment des faits, en jouant un rôle « d’amplification » de ses réactions. Et que cette altération du discernement a déjà été retenue pour atténuer sa responsabilité dans une autre affaire.

Me Baert demande donc à la cour de la retenir également. Et d’abaisser en conséquence le quantum de la peine infligée à son client, en deçà des 27 ans requis à son encontre.