Procès du "gourou du Médoc" : le magnétiseur Philippe Clément condamné à 16 ans de prison pour viols, corruption de mineurs et exercice illégal de la médecine

Procès du "gourou du Médoc" : le magnétiseur Philippe Clément condamné à 16 ans de prison pour viols, corruption de mineurs et exercice illégal de la médecine

l'essentiel Philippe Clément est condamné, ce jeudi 8 octobre 2026, à 16 ans de prison par la cour criminelle de Haute-Garonne. L’avocat général a insisté sur la confiance accordée à l’accusé par les plaignantes, la gravité des violences sexuelles dénoncées et les dix-sept années sur lesquelles s’étendent les faits reprochés. Pendant plus de deux heures, la défense a contesté la constance des récits et la solidité des preuves. Au quatrième jour du procès du "gourou du Médoc", jugé notamment pour viol et agressions sexuelles, le verdict est tombé.

Philippe Clément garde les mains croisées sur ses genoux. Assis dans le box, il regarde le vide, puis baisse les yeux vers le sol. Ce jeudi 8 octobre 2026 le verdict est tombé. Le Gourou du Médoc a été condamné à 16 ans de prison par la cour criminelle de Haute-Garonne pour viol, agressions sexuelles, corruption de mineur et exercice illégal de la profession de médecin.

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Au quatrième jour d'audience, ce jeudi matin, face aux magistrats, l'avocat général Pierre Aurignac revient sur ce qui constitue, à ses yeux, le point de départ de cette affaire : la confiance accordée à un homme qui prétend soigner.

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La confiance en question

« Ici, on poursuit ceux qui abusent, profitent d’une situation. Lorsqu’on se dit soignant, nous avons une relation asymétrique avec notre patient. Cela donne un avantage. Déraper devient plus simple. Un soin peut devenir un massage, puis une agression sexuelle et un viol. »
Installées côte à côte sur les bancs des parties civiles, les plaignantes écoutent le réquisitoire. Certaines acquiescent en silence.

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L’avocat général rappelle les condamnations antérieures de Philippe Clément, pour vol et abus de faiblesse, avant d’aborder ses antécédents sexuels. « Il a surtout des déviances sexuelles qui lui ont déjà valu un séjour en prison », souligne-t-il. La corruption de mineurs lui paraît également caractérisée. Il évoque les cris que l’accusé aurait demandé à sa femme de pousser pendant leurs rapports, afin que les enfants les entendent.

Dix-sept années de faits

Toujours tourné vers la cour, Pierre Aurignac en vient au récit d’une plaignante qui affirme avoir été violée chaque jour, pendant une semaine, au moment de son septième anniversaire. Il insiste sur les conséquences de tels actes dans la vie d’un enfant.
« Les experts psychiatres convoqués à cette barre l’ont répété : à cet âge, les conséquences sont énormes pour la vie des victimes. Le psychisme des enfants n’est pas prêt, ça le sidère de subir ces actes. »

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À la gravité des accusations, le magistrat ajoute leur durée. « Cet homme pervertit tous ceux qui l’approchent. Il est jugé pour des actes commis pendant dix-sept ans, un délai rare et extrêmement long. »
Au moment d’énoncer la peine, il se redresse, lève le menton et regarde Philippe Clément. Le bras levé, Pierre Aurignac requiert seize ans de prison, assortis de plusieurs interdictions, dont celle d’approcher les mineurs.

La défense conteste

Me Nicolas Raynaud-de-Lage se redresse à son tour. Une main posée sur ses notes, l’avocat toulousain reprend les déclarations des plaignantes et les confronte aux éléments du dossier. D’une voix calme mais ferme, il s’attarde sur les variations qu’il estime y relever, particulièrement dans le récit de la plus jeune.
« Se réfugier dans l’indignation, ce n’est pas faire du droit. C’est une sédation intellectuelle. » Le pénaliste demande aux magistrats d’examiner ce qui, selon lui, permet d’étayer les accusations vingt ans après les faits. Il conteste la constance d’une parole sur laquelle repose, soutient-il, le dossier : « Une parole qui a varié au cours de l’enquête comme ici, face à vous. »

La question des preuves

L’avocat conteste également que son client soit pédophile. « Il n’aurait fait qu’une victime dans sa vie en croisant autant de proies potentielles ? » interroge-t-il.
Après plus de deux heures de plaidoirie, Me Raynaud-de-Lage demande aux magistrats de retenir les incertitudes qu’il estime avoir mises en évidence. Il obtient l'acquittement sur une partie des viols mais la peine est lourde, elle suit les réquisitions.