QS propose de rendre le Québec « plus “sexy” que le Canada de Carney »
Québec solidaire se rangera dans le camp du « oui » en vue d’un référendum, mais « avec ses valeurs » et l’aval de la plus grande coalition possible, dont les Premières Nations et les Inuits, pour « rendre le Québec plus sexy que le Canada de Carney. »
« Le pays ne se fait pas à l’Assemblée nationale dans un bureau entre deux partis politiques ou trois partis politiques. Il se fait avec le peuple, par le peuple, incluant les nations autochtones », croit la co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal.
Le parti s’engage à créer et à consulter une assemblée constituante au cours d’un mandat au pouvoir. Trois étapes guideront la démarche solidaire : d’abord, la formation d’une assemblée « rassembleuse et inclusive » ; ensuite, plusieurs mois de consultation aux quatre coins du Québec pour « écrire le texte d’une première constitution légitime et démocratique » ; enfin, la tenue d’un référendum sur l’adoption de cette constitution québécoise.
« Une fois qu’elle sera adoptée par référendum, ça va entraîner une déclaration d’indépendance et on va mettre en application cette constitution », a précisé l’autre co-porte-parole solidaire, Sol Zanetti. La population aurait donc à se prononcer une seule fois, et sur la « loi des lois », pour que le Québec devienne souverain.
Le cadre financier de Québec solidaire prévoit 840 millions de dollars sur quatre ans pour mener à bien cette démarche. « C’est important de prévoir peut-être un peu plus que moins », a souligné M. Zanetti, pour réaliser « un processus fondateur dans l’histoire du Québec ».
Québec solidaire insiste sur l’importance d’inclure la société civile à la cause souverainiste — contrairement à la démarche constitutionnelle mise en branle par la CAQ et finalement morte au feuilleton, faute d’appuis à l’Assemblée nationale. « Simon-Jean Barrette, ça n’a pas passé son affaire », a rappelé le co-porte-parole solidaire. « La constitution imposée, écrite avec quelques personnes dans un bureau, ça n’a pas fonctionné — j’espère que tout le monde prend acte de ça. »
Le camp solidaire croit que « l’indépendance devrait être le projet de société le plus rassembleur possible ». « Le camp du “oui”, il va falloir le former avec beaucoup de monde : des partis politiques, des associations de la société civile, des groupes féministes, des syndicats, des Premières Nations, des Inuits. S’il y a quelqu’un qui pense qu’il peut dire : “voici comment ça va marcher et ceux qui ne sont pas d’accord ne sont pas dedans”, il n’y arrivera pas », soutiennent les deux co-porte-parole.
Aux yeux de Sol Zanetti, il y a un chef capable d’incarner cette vision : « C’est Ruba Ghazal. »
« Moi, je suis convaincue qu’il n’y a pas 70 % de fédéralistes [au Québec], a indiqué cette dernière en référence aux 30 % d’appui que l’option référendaire récolte dans les sondages. Il y a des gens qui aimeraient être convaincus. C’est important que le Québec soit plus sexy par rapport au Canada de Carney. »
Les troupes solidaires avaient publié un manifeste, cet été, pour exposer leur vision d’un pays « entièrement décolonisé ». Jeudi, le parti a répété que les questions relatives au partage du territoire avec les Premières Nations, de son occupation jusqu’à son exploitation en passant par sa protection, seront « toutes sur la table ».
« Tout va être l’objet de discussions », précise Sol Zanetti.