Quarante-cinq interpellations et dix blessés, le mouvement lycéen se durcit dans le Var

Quarante-cinq interpellations et dix blessés, le mouvement lycéen se durcit dans le Var

La mobilisation lycéenne s’est poursuivie ce jeudi 1er octobre dans le Var, dans le cadre d’un mouvement national qui s’étend depuis plusieurs jours à de nombreuses villes.

Alors que le mouvement avait démarré timidement mardi et s’était renforcé mercredi, il a pris une tout autre ampleur ce jeudi. La police nationale estime qu’environ 2.250 personnes ont participé aux différentes manifestations et rassemblements organisés dans le département.

Les revendications portent sur plusieurs sujets : la surcharge des classes (jusqu’à 36), la densité des journées (avec parfois une seule heure de pause pour déjeuner), l’absence de climatiseurs et ventilateurs pour faire baisser la température lors des mois les plus chauds, le non-remplacement des professeurs absents ou encore le stress généré par Parcoursup.

Aux abords de plusieurs établissements, des barricades, des feux de poubelle, des dégradations d’équipements publics ainsi que des jets de projectiles ont généré quelques échauffourées avec les forces de l’ordre.

Ce jeudi soir, la préfecture du Var indique que le mouvement des lycéens a donné lieu à 68 interpellations en trois jours, « dont 45 pour la seule journée d’aujourd’hui ».

Dix blessés légers ont été recensés ce jeudi dont six policiers (du fait de lycéens ou d’autres personnes extérieures aux lycées), trois lycéens (du fait d’autres lycéens) et une personne âgée de 89 ans bousculée par une lycéenne. À la mi-journée, les autorités indiquaient que la situation était « maîtrisée ».

Réunion de crise en préfecture

Blocage des lycées Albert-Camus et Galliéni à Fréjus avec des interpellations.
Blocage des lycées Albert-Camus et Galliéni à Fréjus avec des interpellations.
CYRIL HIELY / Nice-matin

Face aux perturbations subies par plusieurs établissements dans le département, le préfet du Var a réuni l’après-midi les proviseurs des 24 lycées du département et les maires de toutes les communes concernées. Étaient également présents le directeur académique des services de l’Éducation nationale, les procureurs de la République de Toulon et Draguignan, le conseil départemental, le conseil régional, le président de l’Association des maires du Var. Le but : faire un point de situation et évoquer les mesures de police nécessaires.

Le même dispositif de sécurité sera déployé ce vendredi 2 octobre aux abords des lycées que le préfet annonce « tous ouverts », avec des policiers et des gendarmes nationaux, des policiers municipaux et des agents de l’équipe mobile académique de sécurité afin « d’encadrer les rassemblements, d’empêcher les blocages des établissements et de réprimer tout débordement ».

Drones et interdictions ce vendredi

Il a également autorisé les services de police et de gendarmerie nationales à faire voler des drones à Toulon, La Seyne-sur-Mer, Hyères, Brignoles…

Le représentant de l’État a par ailleurs pris un arrêté d’interdiction de toute manifestation non déclarée à Toulon, mais aussi des mesures d’interdiction de transport de carburant, d’engins pyrotechniques et de produits corrosifs aux abords des établissements scolaires, sur l’ensemble du département.

Le préfet appelle chacun « au calme et à la raison ». « La liberté d’expression n’autorise ni le blocage des établissements ni les actes de malveillance et de dégradation de mobiliers urbains, d’entrave à la circulation, voire d’outrage et d’agression envers des agents des forces de l’ordre, des services de secours et des personnels de l’Éducation nationale », complète-t-il, tout en adressant un message aux parents : « Il est impératif que les parents d’élèves exercent leur autorité sur leurs enfants et s’assurent que ceux-ci ne se présentent aux portes de leur établissement qu’aux horaires d’ouverture de ceux-ci et pour assister aux cours. »