"Que dit-on aux filles qui veulent faire le Gille ?": Une pétition veut relancer le débat à La Louvière

"Que dit-on aux filles qui veulent faire le Gille ?": Une pétition veut relancer le débat à La Louvière

Dans nos contrées, le folklore répond à des règles ancestrales. La plupart relèvent d'une époque où les femmes n'avaient pas le droit de voter et se contenter de faire la tambouille pendant que leur mari bossait. Mais nous sommes en 2026. Il a coulé des torrents sous les ponts et le rôle des femmes dans le folklore revient au-devant de l'actualité.

C'est le cas à Mons où l'idée d'une société de Gille est mise sur la table. Elle serait inclusive et donc, pas uniquement réservée aux hommes. Une nouvelle pétition a par ailleurs été lancée pour réclamer davantage de mixité dans le Petit Lumeçon. Conformément à l'accord de majorité PS/Ecolo/PTB, le bourgmestre Nicolas Martin a donc officiellement rouvert le débat.

À Binche, on connaît le combat que mènent les Colombines pour être reconnues comme société carnavalesque. Et à La Louvière ? Une pétition circule pour que le costume de Gille ne soit plus uniquement réservé aux hommes.

Derrière l'initiative, il y a la maman d'une petite amoureuse du folklore. "Mon compagnon fait le Gille depuis 25 ans. Nous avons une petite fille qui va sur ses sept ans et qui a toujours adoré le carnaval. Au point d'accompagner son papa dès le ramassage et de le suivre toute la journée", explique Lorrie D'Addario. "Quand elle était petite, elle le faisait en portant des costumes style Spider-Man. Mais en grandissant, elle a commencé à s'interroger. Jusqu'à l'année dernière où elle nous a demandé, les larmes aux yeux, comment elle allait s'habiller si elle ne pouvait pas mettre le costume de Gille."

Binche : La Fédération Wallonie-Bruxelles veut ouvrir le dialogue sur la place des femmes au carnaval

Une question que notre maman louviéroise ne pouvait décemment pas évacuer d'un revers de la main. "Je refuse de dire à ma fille qu'elle ne peut pas faire quelque chose parce qu'elle est une fille !", tranche Lorrie D'Addario. "Nous avons trouvé une solution avec le carnaval de Givry où femmes et filles peuvent librement faire le Gille, sans limites d'âge. Ma fille était aux anges, c'est un rêve qui se réalisait. Mais parce que les règles sont différentes d'un carnaval à l'autre, notre famille est divisée pour vivre le folklore."

La Louviéroise ne voulait donc pas en rester là. "J'ai lancé un appel sur le rôle des femmes dans le folklore", poursuit la mère de famille. "Et j'ai reçu énormément de témoignages de femmes qui me disaient qu'elles avaient toujours voulu faire le Gille. J'ai donc lancé cette pétition, car elle ne part pas d'un cas personnel. Ma fille n'est pas seule. Il y a derrière d'autres envies, d'autres personnes d'ici ou d'ailleurs qui veulent faire bouger les choses. La pétition a déjà recueilli 418 signatures. Il y a des femmes, mais aussi des hommes et même des Gilles qui la soutiennent. Y compris des personnes investies dans des comités de sociétés. Ça montre que le débat mérite d'être ouvert. Je sais que c'est un sujet sensible et que ça ne va pas plaire à tout le monde. Mais je pense que cette question ne peut être ignorée et que l'on doit en débattre de manière constructive."

On rappellera que la Fédération Wallonie-Bruxelles a également entrepris un travail de fond pour rendre le folklore plus inclusif et davantage adapté aux valeurs de notre société. Du côté de l'Amicale des sociétés du carnaval louviérois, on temporise. "La question n'est pas à l'ordre du jour", indique Dominique Depoter, président de l'Amicale, tout en se disant conscient que la Cité des Loups ne pourra pas longtemps y échapper. "Contrairement à Binche, nous avons déjà des sociétés ouvertes aux femmes. Les femmes de Gilles ont par ailleurs un rôle très important dans le carnaval. "

Mais voir une femme revêtir le costume de Gille, c'est une autre paire de manches pour le président de l'Amicale. Selon lui, ce n'est pas demain la veille que l'idée sera approuvée par une majorité de ses membres. Ce qui ne devrait pas pour autant décourager les amoureuses du folklore bien décidées à faire bouger les lignes.

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